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samedi 11 octobre 2014

12ème Journée mondiale contre la peine de mort : Amnesty International Burkina était face aux médias


C’était le 10 octobre, au secrétariat national d’Amnesty Burkina. Les journalistes sont venus écouter et échanger avec la section nationale sur les préoccupations liées à l’application de la peine de mort, notamment la condamnation et l’exécution des personnes souffrant d’une maladie mentale ou d’une déficience intellectuelle.
 
Ce 10 octobre 2014, la coalition mondiale contre la peine de mort a décidé de retenir le thème de « santé mentale et peine de mort » pour marquer la commémoration de la Journée mondiale contre la peine de mort. L’objectif poursuivi ici est d’exiger le respect des normes de protection des malades mentaux contre la peine de mort, tout en instant sur la nécessité d’abolir la peine de mort partout dans le monde entier.  

Le droit international des droits humains condamne l’exécution des individus atteints de déficience mentale ou intellectuelle, au même titre que les femmes enceintes et les personnes mineures. Mais, si pour les femmes enceintes et les délinquants mineurs les choses sont relativement simples, les malades mentaux risquent davantage d’être exécutés dans les pays où la peine de mort n’est pas encore abolie, à tel point d’y transformer les centres de détention en de véritables « institutions psychiatriques ». Amnesty International a par exemple relevé des cas de personnes souffrant de troubles mentaux qui sont dans le couloir de la mort et risquent d’être exécutées à tout moment au Japon, au Pakistan, en Floride aux Etats Unis…

450 millions de personnes dans le monde entier ont un problème de santé mentale. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, entre 76% et 85% des personnes souffrant de graves troubles mentaux vivant dans les pays en développement ne reçoivent aucun traitement, contre 35% à 50% dans les pays développés. Les experts médicaux ont fait également valoir que les périodes prolongées dans le couloir de la mort, ainsi que les conditions de vie des condamnés peuvent rendre les détenus suicidaires, délirants ou déments. Cette incapacité de nos sociétés à fournir des soins et une assistance adéquats aux personnes atteintes d’un handicap mental ou intellectuel exacerbe leur marginalisation et leur vulnérabilité au sein de la société. Il est troublant de constater que de nombreuses juridictions manquent d’avocats qualifiés et les accusés avec de graves problèmes mentaux assignés au procès sont sans soutien adéquat et sont incapables de participer efficacement à leur propre défense. Or, la déficience mentale est un facteur d’atténuation de la responsabilité pénale de l’individu et donc, constitue une circonstance atténuante dans la détermination de la peine. Elle peut également permettre de déclarer l’inéligibilité d’une personne à la peine de mort.
C’est pour rappeler cette exigence en matière de droits humains selon laquelle les personnes atteintes d'une maladie mentale ou d'une déficience intellectuelle ne devraient pas être confrontées à la peine de mort, que la coalition mondiale contre la peine de mort s’est mobilisée cette année. Et les journalistes qui ont pris part à cette rencontre avec Amnesty Burkina ont été invités à participer non seulement, à la lutte contre la stigmatisation des malades mentaux, mais aussi à contribuer à relayer l’appel fait à tous les Etats d’appliquer immédiatement les normes en vigueur. Un message particulier a été lancé au gouvernement burkinabé visant à l’inciter à appliquer ces normes, mais aussi à voter et à co-sponsoriser  la Résolution relative au 5ème moratoire sur les exécutions qui sera adoptée lors de la 69ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies en novembre 2014. La section a également, à travers un communiqué de presse, invité toutes autorités nationales à prendre toutes les mesures nécessaires permettant à notre pays d’abolir la peine de mort dans les meilleurs délais.