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vendredi 4 novembre 2011

Les femmes de la région des Hauts-Bassins s’informent sur leurs droits sexuels et reproductifs


Après d’intenses activités d’échanges avec les femmes rurales de la région du centre-nord, Amnesty Burkina met le cap sur la région des Hauts-Bassins. L’organisation souhaite, à travers son déploiement dans cette région du Burkina, reconduire non seulement les activités menées avec les femmes de la région du centre-nord, mais aussi obtenir les mêmes effets d’apprentissage des droits liés à la santé maternelle et l’autonomisation des femmes dans la promotion et la protection de leurs droits sexuels et reproductifs.

Plusieurs activités sont prévues, notamment l’organisation d’émissions radiophoniques ainsi que des activités d’échanges et de sensibilisation des femmes rurales. Les premières activités ont eu lieu du 15 au 19 septembre 2011 dans les villages de Kouakoualè situé à environ 35 Km de la ville de Bobo, de Pala situé à 15 Km et de Badala situé à 30 km de la ville. Par groupe de plus de 40, les femmes de ces villages ont répondu présentes à l’appel d’Amnesty Burkina pour échanger autour des questions de la lutte contre la mortalité maternelle et la promotion des droits sexuels et reproductifs. Se fondant sur leur propre expérience, les femmes se sont exprimées sur les difficultés liées aux pesanteurs socioculturelles, mais surtout sur les aspects liés à l’accessibilité financière aux soins de santé. Si certaines d’entre elles disposent de centres proches de leur habitation, d’autres doivent encore faire des distances considérables avant d’atteindre un centre de soins pour être prises en charge. Par exemple, le village de Pala n’a pas encore de Centre de Soins et de Promotion Sociale (CSPS) et les femmes doivent se rendre à chaque fois dans la ville de Bobo, soit environ 15 km pour bénéficier des soins de santé.

Les aspects liés à l’accueil, à la maltraitance et aux abus ont été relevés à travers les témoignages des femmes. Profitant de la présence de certains leaders, membres des comités villageois de développement et des chefs coutumiers, les membres d’Amnesty Burkina ont instauré le débat autour de l’identification des canaux locaux de lutte contre la mortalité maternelle par la revendication des droits sexuels et reproductifs.

Au Burkina Faso, beaucoup d’efforts ont été déployés pour mettre fin aux décès maternels évitables. Mais, les échanges avec les communautés en milieu rural révèlent encore beaucoup de chemins à parcourir, notamment la levée totale de toutes les barrières financières aux soins de santé maternelle au Burkina Faso. En sus, il faudrait que les cas de violations flagrantes du droit à la protection de la santé des femmes enceintes soient immédiatement identifiés et punis conformément à la loi comme cela l’a été suite au décès de la femme dans la maternité du secteur 21 de Bobo-Dioulasso.

lundi 14 février 2011

Activité de renforcement des capacités de 15 animateurs communautaires sur les droits sexuels et reproductifs à Songpelsé

Le lundi 26 janvier dernier s’est tenu à Songpelsé, un village situé à une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, un atelier de formation sur les droits sexuels et reproductifs à l’attention des animateurs de l’Association des Femmes Unies pour le Développement (ASFUD). Cet atelier qui s’inscrit dans le cadre de la promotion des bonnes pratiques en matière de santé maternelle du projet « En finir avec la mortalité maternelle évitable... », avait pour but d’amener les animateurs à se familiariser et à utiliser le concept de droits humains afin de contribuer à faire évoluer les choses dans leurs zones d’intervention.
Cette formation qui a regroupé 15 animateurs communautaires de l’Association, s’est déroulée en langue nationale mooré et a permis dans un premier temps de définir les notions de droit sexuel et de droit reproductif et d’établir les liens avec la campagne contre la mortalité maternelle, tout en mettant en exergue les institutions socio-culturelles constitutives de violations de ces droits chez les femmes. Comment donc lutter contre ces institutions ? Que faire pour aider les femmes à connaître d’avantage leurs droits et lutter contre la mortalité maternelle ? La réponse à ces questions est intervenue dans un second temps au travers de deux (2) travaux de groupe, l’un ayant eu pour objectif l’identification de tous les obstacles que les animateurs pourraient être confrontés, et l’autre a eu pour effet la synthèse des solutions à ces obstacles. Un jeu de rôle a permis de simuler le passage de la théorie à la pratique à la fin de la formation. La participation aux débats et l’intérêt des animateurs ont finalement imposé la mise en place d’une stratégie de suivi avec la désignation d’une animatrice comme devant contribuer au maintien de la communication avec le reste des animateurs.

Selon les propos recueillis de la Présidente de l’Association, cet atelier de formation et la volonté de maintenir les liens avec le réseau des animateurs ne feront que leur permettre d’être plus efficaces sur le terrain. ASFUD regroupe plus de 400 femmes et 100 hommes et mène des activités diverses de sensibilisation des femmes et des populations sur le développement socio-économique dans 12 villages des communes de Tanghin-Dassouri et de Komki-ipala. Elle développe aussi des programmes relatifs à la santé de la reproduction dont s’occupent les animateurs communautaires. Sous ce dernier angle, l’Association entretient des relations de partenariat avec Amnesty International depuis le lancement de la campagne contre la mortalité maternelle en 2010.