Suivre les mises à jour par email

mercredi 8 décembre 2010

CIAO AMNESTY INTERNATIONAL ITALIE !

Des gens fort sympathiques. Une équipe très dynamique et résolument tournée vers l’activisme contre la mortalité maternelle et en faveur des droits des femmes à donner la vie sans risquer la mort au Burkina, en Sierra Leone, au Pérou et aux Etats Unis. Ce sont là les quelques qualificatifs que je peux attribuer à toute la section italienne à la fin de ma mission très bien arrosée par l’hospitalité, l’amitié et la solidarité dans la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina.

Ici à Rome, des rencontres fructueuses de partage d’expériences et de réflexion en faveur du suivi de la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso ont été organisées par la section du 1er au 08 décembre 2010. Ces rencontres ont été faites d’une part entre le Staff, le Bureau Exécutif et le Coordonnateur de la campagne au Burkina Faso et d’autre part, avec l’équipe des activistes et avec l’équipe « Face to Face », une équipe chargée du recrutement des nouveaux membres et de la croissance en ressources financières. Plusieurs organes de presse ont saisi l’occasion de cette visite en Italie pour en savoir plus sur la situation de la santé maternelle au Burkina Faso, notamment sur la campagne contre la mortalité maternelle menée par Amnesty Burkina et ses partenaires.. Tout comme les échanges avec les membres de la section, les interviews accordées aux médias portaient dans leur majeure partie sur le taux et les causes de mortalité maternelle, ainsi que sur toutes les actions et initiatives, tant au niveau gouvernemental qu’au niveau de la société civile, en faveur de la réduction de la mortalité maternelle. De plus, une rencontre a été organisée avec le Professeur Giorgio VITTORI, Président de l’Association italienne de gynécologie et obstétrique d’Italie et membre de la Fédération Internationale de Gynécologie et Obstétrique. Le Pr. VITTORI est également le Président du comité d’organisation du prochain Congrès de la Fédération qui se tiendra à Rome en 2012.
Ces activités entrent également dans le cadre d’un des projets de recherche de fonds de la section italienne visant justement à promouvoir et à soutenir des actions futures en faveur de la réduction de la mortalité maternelle dans les quatre (4) pays sus-mentionnées. Amnesty International est une ONG dont les ressources financières proviennent des cotisations des membres et des dons et legs de personnes épousant la philosophie du mouvement.

Donc, si vous êtes en Italie et/ou si vous avez des réseaux de personnes vivant en Italie, vous êtes encouragés à participer et à faire participer d’autres personnes à la campagne SMS de recherche de fonds pour soutenir la campagne contre la mortalité maternelle. Nous faisons un clin d’œil particulier à toute la diaspora burkinabé vivant en Italie. Jusqu’au 12 décembre, envoyez des SMS au numéro suivant : 45506 à travers les réseaux de téléphonie indiqués sur le site Internet d’Amnesty International Italie (http://www.amnesty.it/index.html) et contribuez à la promotion et à la protection des droits humains partout dans le monde. Grazie !

vendredi 3 décembre 2010

16 jours d’activisme, Amnesty Burkina et Save the Children Canada à Bobo et à Banfora

Depuis 1991, les 16 jours d’activisme contre la violence liée au genre revêt une importance capitale pour les organisations comme Amnesty International qui luttent pour le respect des droits humains pour tous. Les 16 jours d’actions contre la violence liée au genre se tiennent chaque année du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, au 10 décembre, Journée internationale des droits humains. Cette année, l’Organisation a retenu le thème « Les droits en matière de sexualité et de procréation sont des droits humains », afin de contribuer à la lutte contre les violences et la discrimination à l’égard des femmes. Un clin d’œil est fait à la campagne contre la mortalité maternelle. A l’image des autres structures et sections d’Amnesty International, Amnesty Burkina Faso, en partenariat avec Save the Children Canada, a mis le cap sur Bobo Dioulasso et sur Banfora où plusieurs activités de sensibilisation ont été organisées au profit des femmes et des membres d’associations locales partenaires.

Le jeudi 25 novembre2010, une trentaine de femmes, toutes responsables d’associations et leaders de femmes, ont suivi avec intérêt le film sur la mortalité maternelle et les présentations sur le droit et les bonnes pratiques en matière de santé maternelle. Dans la mesure où l’accès à la santé et au droit implique des comportements et des règles à suivre chez tout individu, il était de bon ton de mettre l’accent sur l’information qui manque pour beaucoup de femmes au Burkina Faso. L’adhésion des femmes à la promotion du droit à la santé maternelle, surtout des femmes leaders, était aussi l’un des objectifs de la rencontre. A l’issu des débats, les femmes ont bien accueilli le concept de promotion de droits sexuels et reproductifs dans le cadre général de lutte contre la mortalité maternelle. Comme elles l’ont précisé dans la partie témoignages, plusieurs maux accablent les femmes dans la recherche des soins de santé maternelle et cela, depuis la maison jusqu’aux centres de soins. Même souci pour la majeure partie des femmes de Banfora, ville située à environ 450 km de Ouagadougou. L’atelier de formation des membres des associations locales qui a eu lieu le samedi 27 novembre a permis d’aborder différents points concernant la santé maternelle, notamment les droits sexuels et reproductifs. Une présentation sur la planification familiale a été faite par Monsieur OUATTARA Hamidou, Président de l’Initiative Communautaire de Prise en Charge (ICPC), une association très active dans le domaine de la santé de la reproduction. Celui-ci a mis l’accent sur la définition et l’historique de la planification familiale au Burkina Faso, ainsi que sur les avantages et le lien entre la planification familiale et la mortalité maternelle. Les débats et les présentations de chaque association représentée ont été forts enrichissants et cela a permis de faire une sorte de cartographie des différentes interventions faites par les associations dans la région des Cascades. Dans la soirée, une émission radio de sensibilisation et d’information sur la campagne a été organisée à la Radio Munyu de Banfora.


En savoir plus sur les 16 jours d’activisme : http://www.amnestyinternational.be/doc/article15532.html

Le clip vidéo de la chanson sur la mortalité maternelle, enfin une réalité !


Les 22 et 23 novembre, le collectif d’artistes musiciens contre la mortalité maternelle est passé à l’étape de réalisation du clip vidéo de la chanson sur la mortalité maternelle. Le tournage a eu lieu dans le Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) du secteur n°1 de Kaya et au studio Abazon à Ouagadougou.


Bientôt dans votre bac à disque !

jeudi 2 décembre 2010

Sensibilisation des femmes de Yangdin sur les bonnes pratiques en matière de santé maternelle.

Inscrite au premier rang des activités du projet « En finir avec la mortalité maternelle évitable… » avec Save the Children Canada, la sensibilisation sur les bonnes pratiques en matière de santé maternelle se veut aussi un cadre de communion avec les femmes en milieu rural sur la question. Sous ce concept, et avec l’appui de la responsable de l’association féminine « Cri du cœur pour la veuve et l’orphelin » basé dans la région du centre – nord, Save the Children Canada et Amnesty Burkina ont organisé une activité de sensibilisation des membres du groupement de femmes « Relwindé » du village de Yangdin. Le village de Yangdin est situé à 45 km de Kaya, le Chef lieu de la région du centre – nord du Burkina Faso.

Comme pour beaucoup de femmes en milieu rural, les femmes de Yangdin souffrent du manque d’informations sur leurs droits et sur l’accès aux soins de santé maternelle. C’est la raison pour laquelle, elles sont sorties nombreuses le samedi 20 novembre pour écouter et partager leurs expériences liées à la santé maternelle. Les chapitres abordés concernaient d’une part les causes de mortalité maternelle, notamment les retards, les consultations prénatales et d’autre part les droits sexuels et reproductifs, la planification familiale etc. Pour se donner la chance de créer et de maintenir une certaine dynamique locale de promotion de la santé maternelle avec les femmes du groupement « Relwindé », l’équipe de sensibilisation a rencontré préalablement le Chef du village de Yangdin. Celui-ci, visiblement intéressé par la question, a situé le contexte de la santé maternelle à travers des expériences de cas de complications liées à la grossesse et à l’accouchement dans le village. Yangdin n’ayant pas de Centre de Soins et de Promotion Sociale (CSPS), les femmes du village se rendent au village voisin situé à 3 km pour les consultations prénatales et les accouchements. Les routes ne sont pas bonnes et les choses deviennent plus compliquées s’il s’agit de référer la femme à Kaya pour sa prise en charge. Dans la même logique, l’accoucheuse traditionnelle du village, maintenant reconvertie dans un nouveau rôle d’appui-conseil et d’orientation des femmes enceintes vers les centres de soins a été rencontrée. Avec l’adhésion des femmes, plusieurs témoignages ont été recueillis et serviront certainement dans la poursuite de la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso.

Elections présidentielles au Burkina : des associations et des ONG interpellent les candidats aux élections

L’accès universel au droit à la santé maternelle des femmes doit être une priorité au Burkina Faso : Appel solidaire des associations et ONG de la société civile aux candidats à la présidentielle de 2010.

Les associations et ONG œuvrant dans le domaine des droits humains et de la santé, mobilisées dans une proportion exceptionnelle, lancent un appel pressant aux candidats à la prochaine élection présidentielle de novembre 2010 pour qu’ils prennent clairement position en faveur d’une politique d’accès universel au droit à la santé maternelle au Burkina Faso, ainsi qu’à tous les droits sexuels et reproductifs.
Ensemble, les associations et ONG signataires sollicitent de la part des candidats à la présidentielle des engagements solennels pour donner une impulsion décisive au processus de réduction drastique des décès maternels, afin que le Burkina Faso respecte ses obligations vis-à-vis du droit des femmes à la santé et que le sort de celles-ci soit amélioré. Cette impulsion devrait notamment consister en l’exemption totale du payement des soins de santé maternelle et la promotion des soins de qualité.
Les expériences d’exemption du paiement des soins de santé de l’ONG Help et l’ONG Terre des Hommes dans quatre (4) districts sanitaires du Burkina Faso ont clairement montré que la gratuité des soins de santé constitue une véritable solution aux accouchements médicalement assistés et à l’accès aux soins obstétricaux d’urgence par toutes les femmes. L’accouchement médicalement assisté et l’accès aux soins obstétricaux d’urgence par les femmes ont été identifiés par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) comme des piliers de toute stratégie visant à réduire la mortalité maternelle conjointement à la planification familiale.
En février 2010, lors d’une audience accordée à Amnesty International, le Président du Burkina Faso s'est engagé à lever tous les obstacles financiers aux soins obstétricaux d'urgence et à l'accès à la planification familiale dans le cadre de la stratégie de lutte nationale contre la mortalité maternelle. Le 8 septembre 2010, le Conseil des ministres a examiné et adopté un rapport relatif à un plaidoyer pour la gratuité de soins aux femmes et nouveau-nés. Malgré le fait que ce rapport n’ait jusqu’à présent pas encore été rendu public, le Conseil des ministres a indiqué que l’objectif visé est la suppression des coûts financiers directs liés au continuum de soins en faveur de la mère et du nouveau-né. L’ensemble des soins porte sur la planification familiale, la consultation prénatale y compris la prévention de la transmission mère-enfant du VIH, les accouchements et les soins obstétricaux et néonatals d’urgence, les activités de soutien et d’équipement.

La nécessité de poursuivre les efforts en vue de la réduction de la mortalité maternelle en améliorant notamment l’accès aux droits sexuels et reproductifs a été soulignée tant sur le plan international que sur le plan du continent africain. Dans son plus récent rapport sur le Burkina Faso, le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a, en octobre 2010, recommandé à l’État burkinabè de « financer de manière adéquate les services et centres de soins en matière de family planning afin d’améliorer l’accessibilité de ces services aux femmes dans les zones rurales ».
Par ailleurs, lors du récent sommet de l’Union africaine qui s’est tenu à Kampala en juillet 2010, les chefs d’Etat et se sont engagés à « renforcer le système de santé pour fournir des services de santé globaux et intégrés en matière de santé maternelle, néonatale et infantile, en particulier des soins de santé primaires, le renforcement de la planification familiale, ainsi que la sécurité des produits sanitaires dans le domaine de la procréation ».
Lors de la caravane de sensibilisation et de plaidoyer en faveur du droit à la santé maternelle organisée par Amnesty International et ses partenaires, les populations, notamment les femmes, ont demandé que leurs préoccupations en matière de santé maternelle soient prises en compte par les autorités en tant qu’un droit humain. Il ne faut jamais oublier que plus de 2 000 femmes meurent chaque année au Burkina par suite de complications liées à la grossesse et à l’accouchement, et cela constitue une atteinte grave à leur droit à la santé. Ce droit est pourtant garanti dans le droit national et dans plusieurs conventions internationales auxquelles le Burkina Faso est partie prenante.
Au regard de la place des droits humains dans le processus démocratique et du rôle de la femme dans le développement d’un pays, les revendications relatives à son droit à la santé maternelle méritent d’être prises en compte en ces moments de débats politiques et du choix du futur Président de la République. Pour toutes ces raisons, nous, membres de la société civile, demandons solennellement aux candidats, ainsi qu’à tous les responsables politiques, de prendre clairement position en faveur de la gratuité des soins de santé maternelle et de planification familiale afin de réduire les taux de mortalité et de morbidité maternelle au Burkina Faso.
Convaincus du bien fondé de notre action, Nous, associations et ONG signataires, vous remercions de vos réponses et vous assurons, Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, de notre haute considération et de notre engagement à favoriser le retour de vos réactions chez l’ensemble des populations burkinabé, ainsi que devant l’opinion publique internationale.
Ouagadougou, le 17 Novembre 2010
Associations et ONG signataires :
AIDS Empowerment and Treatment International (AIDSETI)
Amnesty International Burkina Faso
Association Burkinabé des Infirmières (ABI)
Association Burkinabé des Sages-femmes (ABSF)
Association Delwendé· Association Maternité Sans Risque (AMASAR)
Association Songui Manégré Aide au Développement Endogène (ASMADE)
Centre d’Information et de Documentation sur le Sida et la Tuberculose (CICDOC)
Conseil Burkinabé des ONG et Associations de lutte contre le Sida (BURCASO)
Equilibre et Populations (E&P)
Family Care International (FCI/Burkina)
Help Assistance allemande
Initiative Privée Communautaire de lutte contre le Sida (IPC/Burkina-Faso)
Marie Stoppes International (MSI)
Médecins du Monde (MdM)
ONG Voix des Femmes (OVF)
SOS/Jeunesse et Défis
Save the Children Canada
Terre des Hommes (Tdh)

Amnesty Burkina et ses partenaires entre dissémination de résultats de recherche et plaidoyer en faveur de l’accès universel aux soins de santé


Le 28 novembre 2010, à Pacific Hôtel de Ouagadougou, l’Université de Montréal en collaboration avec l’ONG Help et l’ONG Terre des Homme, lançait le rapport intitulé « L’exemption du paiement : un pas vers l’accès universel aux soins ». Ce rapport a été écrit sur la base d’expériences de projets pilotes menés par les deux (2) ONG dans plusieurs localités du Burkina Faso, à savoir Dori, Sebba, Séguénéga et Tougan. Grâce à ces projets pilotes, les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq (5) de ces localités bénéficient d’une prise en charge gratuite des soins de santé. Vu les effets positifs de ces expériences d’exemption de paiement, surtout la fréquentation des centres de soins par les femmes et l’accès sans entrave financière aux soins de santé maternelle, L’ONG Help, Terre des Hommes, Save the Children Canada, Médecins du Monde et Amnesty Burkina ont initié un programme commun de dissémination des résultats de recherche et de plaidoyer en faveur de l’accès universel aux soins de santé. Ce programme vise l’utilisation du cadre général de révision du Plan National de Développement sanitaire (PNDS) pour 2011 – 2020 et de celui de la campagne présidentielle de 2010, afin d’interpeller les autorités burkinabé en général, et les candidats à la présidentielle en particulier, sur la nécessité d’instituer la gratuité des soins de santé et permettre aux femmes d’accéder à leur droit à la santé maternelle au Burkina Faso. Cette demande vient à point nommé rappeler le Président du Faso par rapport à sa promesse de lever les barrières financières aux soins obstétricaux d’urgence et à la planification familiale du 12 février 2010. La vingtaine d’associations et d’ONG associées à cette demande félicitent également le gouvernement pour le processus entamé dans ce sens. Elles demandent par conséquent que les résultats contenus dans le rapport et basés sur les expériences d’exemption de paiement soient tenus compte dans une politique d’accès universel aux soins de santé et de mise en œuvre du droit à la santé maternelle auquelle l’Etat burkinabé est tenu au regard de ces obligations nationales et internationales.

Le programme de dissémination des résultats de recherche et plaidoyer a mis l’accent sur plusieurs activités. En sus de la conférence de presse de publication du rapport sur l’exemption de paiement au Burkina Faso, les ONG sus-mentionnées ont organisé des ateliers d’information et de formation sur les résultats de recherche et sur le droit à la santé maternelle, avec un accent particulier sur les droits sexuels et reproductifs à Dori et Ouagadougou. Une autre rencontre d’information et de formation a été organisée au profit des hommes et des femmes de médias dans le souci de leur impliquer dans le processus de dissémination des résultats de la recherche et dans l’interpellation des personnes engagées dans la campagne électorale de 2010 par rapport à la prise en compte de la question de l’accès universel aux soins de santé maternelle dans le débat politique. C’est à juste titre que l’Appel de la société civile du 17 novembre a été publié par la presse. Pour finir, le candidat Arba DIALLO a reçu une délégation composée des membres de Help et d’Amnesty Burkina pour discuter de la levée des barrières financières aux soins et la lutte contre la mortalité maternelle au Burkina Faso. C’était à Dori, le 24 novembre 2010.

jeudi 25 novembre 2010

Formation des femmes leaders d’Associations féminines de Kaya sur les bonnes pratiques en matière de santé maternelle.

Le Samedi 16 Octobre a eu lieu la rencontre d’échanges avec 48 femmes leaders d’associations autour des questions de bonnes pratiques en matière de santé maternelle. Cette rencontre découle de la mise en œuvre du projet « En finir avec la mortalité maternelle évitable… », et a permis aussi d’évaluation les activités menées pendant la caravane d’Amnesty International sur la mortalité maternelle.

Les multiples causes de décès maternel ont été exposées et débattues à nouveau avec les femmes. Quant à la promotion des bonnes pratiques, c'est-à-dire les meilleurs comportements à promouvoir au sein de la communauté, l’accent a été mis sur les stratégies de lutte contre les retards dans la prise en charge et sur l’orientation des femmes et des jeunes filles vers les sources d’information et d’éducation sur la santé sexuelle et reproductive. La nécessité pour les femmes de revendiquer leurs droits sexuels et reproductifs à travers les recours disponibles et à toutes les occasions a été relevée.

A la fin des débats, les femmes s’engagent à intégrer à tous les niveaux de leurs activités des volets de sensibilisation sur la mortalité maternelle et le droit. Elles agiraient ainsi comme des relais. Pour permettre une large sensibilisation des populations, une émission radio et une émission télévisuelle ont été organisées le jour suivant avec la participation de certains auditeurs en direct à la radio.

Comprendre et utiliser le cadre juridique des droits sexuels et reproductifs, deux (2) directeurs d’Amnesty International ont visité le Burkina.

Des droits pour les femmes, De la dignité pour tous. C’est le crédo qui a guidé la Directrice d’Amnesty Canada francophone et le Directeur d’Amnesty Belgique francophone au Burkina Faso en septembre 2010. Ces personnalités, à travers leur section respective, sont engagées aux côtés d’Amnesty Burkina Faso depuis le lancement de la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso. La mission de septembre avait pour objectif de renforcer les capacités d’actions des membres d’Amnesty Burkina et de former les partenaires sur les droits sexuels et reproductifs.

Les droits sexuels et reproductifs sont une composante essentielle des droits humains reconnus à l’être humain et contenus dans le droit national burkinabé. Par le principe de l’interdépendance des droits humains, les droits sexuels et reproductifs entretiennent des liens forts avec d’autres droits humains et conditionnent l’accès à la santé sexuelle et reproductive. En d’autres termes, les droits sexuels et reproductifs sont des garanties de réduction du taux de mortalité maternelle et contribuent dans la mise en œuvre du droit à la santé maternelle. Par conséquent, les droits sexuels et reproductifs sont des outils puissants, existants, qui servent à protéger les droits humains et les conditions des femmes et des filles.

Cependant, il n’est pas toujours aisé d’évoquer la question des droits sexuels et reproductifs à cause de leur caractère tabou. L’absence de reddition des comptes et de recours pour faire respecter les droits caractérisent les droits sexuels et reproductifs. Cette situation renforce du même coup la discrimination à l’égard des femmes. Une bonne compréhension et une bonne utilisation au quotidien du cadre juridique national et international par la population, au Burkina Faso, est essentiel afin de sensibiliser les citoyens à défendre et à réclamer leurs droits en matière de sexualité et de procréation. Elle permettrait également la promotion de l’égalité homme – femme dans l’accès à l’information, à l’éducation et aux services de santé en matière de sexualité et de reproduction. Pour se faire, plusieurs ateliers de sensibilisation et de formation sur les droits sexuels et reproductifs ont été organisés au profit des partenaires et des membres d’Amnesty Burkina à Koudougou et à Ouagadougou. Durant ces formations, les participants ont mené des débats tendant à découvrir davantage les recours existants et les stratégies d’utilisation de ces recours pour faire respecter leurs droits à tous les niveaux. D’autres rencontres ont été organisées dans la capitale burkinabé sur cette même question avec des professionnels de la santé.

Pour en savoir plus sur les activités menées avec les deux (2) Directeurs cliquez sur :

vendredi 11 juin 2010

Pétition adressée à l'Union africaine sur la mortalité et la morbidité évitables liées à la maternité en Afrique


Mesdames et Messieurs les chefs de gouvernement,

Nous saluons la décision prise par l'Union africaine de se concentrer sur la question de la santé maternelle en Afrique lors de la prochaine session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, qui se déroulera à Kampala du 25 au 27 juillet 2010.

Dans le cadre de sa campagne mondiale Exigeons la dignité, lancée pour défendre les droits des personnes vivant dans la pauvreté, Amnesty International s'attaque en particulier aux atteintes aux droits humains qui sont à la base de la persistance de la mortalité et de la morbidité maternelles. La grande majorité des femmes qui meurent de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement font partie des populations les plus pauvres et les plus marginalisées de la société. Elles trouvent la mort parce qu'elles ne peuvent pas accéder à des soins médicaux adaptés, et aussi parce qu'elles n'ont pas la liberté de décider si elles désirent ou non une grossesse et de choisir le moment d'une grossesse. La plupart des décès liés à la maternité pourraient être évités.

Amnesty International a enquêté en Sierra Leone et au Burkina Faso sur les atteintes aux droits humains responsables de la mortalité et de la morbidité maternelles. Dans les deux rapports qu'elle a publiés, Amnesty International a mis en évidence les obstacles auxquels se heurtent les femmes qui ont besoin de soins médicaux maternels, obstacles qui constituent des violations de leurs droits fondamentaux. L'organisation a également souligné l'absence de surveillance et d'obligation de rendre des comptes pour ces atteintes aux droits humains.

Malgré plusieurs mesures et initiatives adoptées par l'Union africaine pour lutter contre ce problème, des failles subsistent en ce qui concerne la réalisation des engagements pris par les gouvernements africains. Dans l'optique du prochain Sommet, nous vous demandons donc instamment d'accorder à la question de l'élimination de la mortalité et des maladies évitables liées à la maternité toute l'attention qu'elle mérite, notamment en prenant en compte les points suivants, que nous jugeons essentiels :

nécessité de lutter contre la discrimination et de mettre fin aux pratiques traditionnelles dangereuses telles que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces, qui augmentent le risque de mortalité et de morbidité maternelles ;

nécessité d'améliorer l'accès aux soins en matière de santé sexuelle et reproductive, ainsi que la protection des droits de toutes les femmes africaines ;

nécessité de lutter contre les obstacles financiers aux soins maternels pour les plus pauvres ;

nécessité d'améliorer la qualité des soins maternels afin d'empêcher des décès évitables ;

nécessité de renforcer l'obligation de rendre des comptes et le suivi pour apporter réparation aux victimes de violations.

L'Union africaine a un rôle déterminant à jouer concernant le respect du droit à la santé des femmes africaines et la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles en Afrique. Nous comptons sur vous !


Merci de signer la pétition d'Amnesty International ci-dessous adressée à l'Union africaine et de la diffuser à vos amis, vos proches et vos réseaux: http://www.amnesty.org/fr/appeals-for-action/help-stop-maternal-deaths-africa

mercredi 9 juin 2010

Save the Children Canada donne un coup de pousse décisif au projet d’implication des musiciens dans la campagne contre la mortalité maternelle

Longtemps prospecté par l’équipe d’Amnesty Burkina et bien accueilli par les artistes musiciens eux-mêmes, le projet d’associer nos célébrités dans la campagne contre la mortalité maternelle dans notre pays a été renforcé par l’adhésion de Save the Children Canada au concept et sa décision de participer à la production de la chanson de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la santé maternelle.

En rappel, une première rencontre d’information avait eu lieu au siège d’Amnesty Burkina en octobre 2009 avec les mêmes artistes musiciens. Cette rencontre avait permis d’établir le contact et de jeter les bases du partenariat avec les artistes.

La rencontre qui a eu lieu le lundi 07 juin au siège de Save the Children Canada était donc la deuxième. Elle a permis de réunir les trois acteurs à savoir les artistes musiciens, l’équipe de Save the Children Canada et celle d’Amnesty Burkina. Les points abordés lors de cette rencontre étaient de plusieurs ordres. D’abord, il s’est agit de s’informer par rapport aux actions menées par l’ONG Save the Children Canada et aux échanges et relations déjà établis entre Amnesty Burkina et les artistes musiciens. Ensuite, Amnesty Burkina et Save the Children Canada, partenaires dans la campagne contre la mortalité maternelle, ont exprimé leurs attentes sur la participation des artistes dans la campagne. Le débat qui a suivi a permis de dégager des perspectives d’actions communes et même une esquisse de programme de mise en œuvre du projet a été établie.
Affaire à suivre !

Festival « Ciné droit libre » : Projection du film sur la caravane et débats sur la mortalité maternelle au Burkina Faso

A cette 6ème édition du festival « ciné droit libre » qui a eu lieu à Ouagadougou du 02 au 06 juin, les amoureux du septième art version engagée ont découvert le travail fait par Amnesty International Burkina et de ses partenaires dans le cadre de l’entreprise gigantesque de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la santé maternelle qu’a été la caravane en début d’année 2010. De la tournée de sensibilisation à dos de chameaux des populations rurales de la région du Sahel, aux rencontres d’échange avec les femmes et les hommes, le personnel de santé et les accoucheuses traditionnelles, en passant par les actions de lobbying auprès des autorités locales et nationales, le film documentaire a contribué à dépeindre la problématique de la mortalité maternelle au Burkina Faso. Il a aussi contribué a montré un pan du travail fait par les associations et ONG pour promouvoir la santé maternelle dans les différentes localités visitées pendant la caravane.

A la fin de la projection qui a duré 26 minutes, un panel a été institué avec les représentants d’Amnesty Burkina et la modération a été assurée par Fousséni KINDO, journaliste à Radio Télévision du Burkina (RTB)). De vives félicitations ont été adressées à Amnesty International pour son engagement dans la promotion et la protection du droit à la santé maternelle. Tous les intervenants ont d’abord témoigné de l’existence et de la persistance du phénomène des décès maternels au Burkina. Selon eux, la participation d’une ONG comme Amnesty International renforcera la dynamique de promotion de la santé des femmes. Ensuite, les points de vue évoqués au cours des débats convergeaient vers les pesanteurs socio-culturelles, la pauvreté des femmes et des ménages, l’insuffisance des centres de soins et de la situation précaire de certains agents de la santé. Il y avait aussi des inquiétudes par rapport aux subventions et à certains projets dont l’arrivée à terme risque de ramener certaines femmes dans l’incapacité totale de se procurer les soins de santé maternelle. Enfin, des suggestions ont été faites de lutter contre les causes culturelles de la mortalité maternelle et de sensibiliser les populations pour qu’elles utilisent les centres de soins. La motivation et la formation du personnel de santé intervenant dans la santé de la reproduction et la levée des obstacles financiers et géographiques ont été aussi identifiées comme des éléments importants dans la promotion de l’accès de toutes les femmes aux soins de santé. Pour corroborer, les panélistes ont témoigné de l’expérience des activités menées avec les différents groupes cibles pendant la caravane, avant de citer l’engagement présidentiel du 12 février 2010 à lever les obstacles financiers à la santé maternelle comme l’un des acquis immédiats de l’organisation de la caravane de sensibilisation et de plaidoyer.

Echos de la Journée internationale d’action en faveur de la santé maternelle à Koudougou


Du 29 au 30 mai passés, Amnesty Burkina a tenu sa promesse de célébrer la Journée internationale d’action en faveur de la santé maternelle à Koudougou, une Journée qui se tient chaque année le 28 mai. Appuyée par l’artiste musicienne Cendrine Nama, l’équipe d’Amnesty Burkina est allée à la rencontre des populations de la ville de Koudougou en vue de leur parler de la campagne contre la mortalité maternelle et de les informer par rapport à leurs droits sexuels et reproductifs. Trois (3) groupes ont constitué la cible directe de cette action de sensibilisation en faveur de la santé maternelle dans cette partie du Burkina. Il s’agit des élèves infirmiers, sages-femmes et maïeuticiens de l’Ecole Nationale de Santé Publique (ENSP) de Koudougou, des étudiants de l’Université de Koudougou et des femmes de l’association féminine « Baasnéré » de Koudougou.

Organisée dans l’enceinte même de l’ENSP, la rencontre avec les élèves de l’Ecole de Santé avait pour but de sensibiliser ceux-ci en vue de susciter leur participation au processus de mise en œuvre du droit à la santé maternelle. Cela a permis d’aborder divers aspects du rôle de l’agent de santé dans la lutte contre la mortalité maternelle. Quant aux deux (2) causeries - débat organisées avec les étudiants et avec les femmes, l’ambition était de lutter contre la sous-information en matière de droits sexuels et reproductifs, ainsi qu’en matière de planification familiale. L’ensemble des débats engagés entre les divers participants a permis d’échanger les différents points de vue et de s’accorder sur le rôle de tout un chacun et de tous les acteurs dans la réduction de la mortalité maternelle au Burkina. C’est dans ce cadre que l’artiste musicienne Cendrine Nama a d’abord parlé de son engagement aux côtés d’Amnesty International, un engagement motivé par l’émotion de savoir que plus de 2 000 femmes meurent chaque année en couche. Elle est aussi revenue sur le rôle central des agents de santé qu’elle a invités à contribuer à bannir tous les comportements qui constituent de véritables barrières à l’accès aux soins de santé maternelle par les femmes. Avec les jeunes et les femmes, son message était davantage plus direct. En effet, Cendrine a exhorté les jeunes à aller vers l’information. Pour elle, la jeune génération devrait trouver les moyens de pallier à l’insuffisance causée par l’éducation sexuelle défaillante au Burkina Faso. En direction des femmes, l’Artiste musicienne a insisté sur le rôle important que pourrait joué l’association féminine « Baasnéré » dans l’information des femmes de leur droit garanti dans la prise de décisions concernant leur santé et de leur droit de jouir du meilleur état de santé sexuelle et reproductive possible. Sous la houlette de Cendrine Nama, plus de 300 signatures ont été récoltées pour la Pétition adressée à l’Union Africaine qui a décidé de se focaliser sur la santé maternelle en Afrique durant la prochaine session ordinaire de l’assemblée des chefs d’Etat et de Gouvernement (assemblée de l’UA) qui se tiendra à Kampala du 25 au 27 juillet 2010.


Vous êtes Africains en Afrique ou membres de la diaspora africaine, vous pouvez signer la Pétition en ligne en cliquant sur : http://apps.facebook.com/causes/petitions/478/

mercredi 26 mai 2010

28 mai - Journée internationale d'action en faveur de la santé maternelle


Du 29 au 30 mai, Amnesty Burkina célèbrera la Journée internationale d'action en faveur de la santé maternelle à Koudougou dans la Province du Boulkièmdé.

Au programme, une série de rencontres avec les élèves de l'Ecole Nationale de la Santé, les femmes d'associations et d'ONG féminines et les étudiants de l'Université de Koudougou.

A l'affiche, la Star Cendrine Nama, artiste musicienne et engagée dans la campagne contre la mortalité maternelle, célèbre cette Journée aux côtés d'Amnesty Burkina Faso.

Promotion du droit à la santé maternelle, un rendez-vous à ne pas manquer !

Printemps des Droits Humains : De vives discussions autour des droits sexuels et reproductifs à la cité universitaire féminine de Dassasgho.

Le samedi 22 mai dans la soirée, une trentaine de jeunes filles, étudiantes à l’Université de Ouagadougou, ont reçu la visite d’Amnesty Burkina à leur résidence universitaire. L’objectif était d’échanger et de promouvoir le débat autour du droit à la santé maternelle au Burkina Faso.

Après une brève présentation d’Amnesty international et de l’équipe, les filles ont suivi avec une attention soutenue l’histoire d’une femme morte en couche - inspirée de la réalité - que retrace le film « Zinibeogo ». L’objectif étant d’aboutir à des échanges à l’issue de la projection, l’équipe d’Amnesty Burkina a souhaité que les filles livrent leurs impressions et les sentiments qu’a pu susciter le film. Les filles ont, dans leurs interventions, dressé le tableau des causes des décès maternels et tirer la conclusion que la mortalité maternelle n’est pas une fatalité : la femme enceinte dans le film ne devait pas mourir, ont-elles ainsi reconnu. L’équipe d’Amnesty Burkina, partant de cette conclusion, a présenté succinctement la réalité de la mortalité maternelle au Burkina Faso et pour anticiper sur certaines interrogations, elle a expliqué l’intérêt d’Amnesty International pour la question de la santé maternelle. Cela a consisté à expliquer à ce public l’aspect « Droit Humain » de la Santé Maternelle et d’ouvrir une brèche sur la campagne et la caravane de sensibilisation et de plaidoyer en faveur du droit à la santé maternelle au Burkina Faso. Après cette phase d’information, les échanges ont été subtilement orientés sur la question des Droits Sexuels et Reproductifs.

Que pensent les étudiantes du statut de la femme par rapport à son pouvoir de décider de sa santé sexuelle et reproductive ?

Après une petite mise au point sur la notion de Droit Sexuel et Reproductif et un rappel des textes légaux en la matière, le vif débat né dans la salle était au diapason du milieu estudiantin. Partis de la question de la liberté pour une femme d’adopter une méthode contraceptive, les échanges ont été enrichis par des avis divergents. Sur l’anecdote de cette femme, atteinte de cancer au col de l’utérus à qui les agents de santé ont fait utiliser une méthode contraceptive, et qui s’est vue intimée l’ordre de l’enlever par son mari, une fille pense que les agents ne devaient amener une femme à adopter une méthode contraceptive sans l’avis du mari. Des points de vue divergents ont été donnés sur la question. Pour justifier leur point de vue, certaines filles ont rappelée le statut de la femme, un statut à travers lequel il est toujours utile, voire nécessaire pour une femme de s’en remettre à l’autorité du mari pour décider sur certaines questions. Pour celles qui défendaient mordicus cette liberté pour la femme de décider de sa santé sexuelle et reproductive, les hommes ne devraient pas empêcher l’exercice de cette liberté par la femme. Elles ont suggéré que l’on puisse rechercher l’avis favorable du mari, en tentant de lui faire comprendre le bien fondé, mais de passer outre s’il s’oppose. L’équipe d’Amnesty Burkina a appuyé ce point de vue en revenant sur la Loi n°049-2005/AN portant Santé de la Reproduction au Burkina Faso dont les Articles 8 et 9 garantissent le droit à la santé de la reproduction pour tout être humain et celui pour tout couple et individu de décider librement et avec discernement du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances. Des contributions diverses ont permis de démontrer en quoi la planification familiale et les méthodes contraceptives contribuent à réduire la mortalité maternelle, et de façon générale à éviter des situations embarrassantes dans lesquelles pourraient conduire certaines grossesses.
L’avortement a été abordé sous l’angle des dispositions légales. Les quelques étudiantes en médecine qui étaient dans la salle ont contribué à établir les quatre situations dans lesquelles la loi permet l’avortement au Burkina. L’équipe d’Amnesty Burkina s’est empressée de préciser que l’avortement n’est pas une méthode contraceptive et peut constituer une cause de mortalité maternelle, d’où la nécessité d’informer les populations sur leur droit à la planification familiale et sur les dispositions légales qui encadrent l’avortement. Etant donné le caractère toujours tabou du sexe dans notre contexte, les étudiantes ont fait la proposition de sensibiliser les populations en vue de renverser cette tendance. Au sortir des débats, les étudiantes sont restées sur leur faim et n’ont hésité à demander que de telles rencontres d’information et d’échange puissent être organisées au sein de la cité universitaire au profit des jeunes étudiantes.

« Vivre dans la dignité et garantir la santé maternelle au Burkina », des jeunes élèves scrutent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme


Dans le cadre du Printemps des Droits Humains (PDH), Amnesty Burkina a organisé une séance d’animation avec les élèves membres et sympathisants du Club Amnesty de l’école privée Ramodgwendé le jeudi 20 mai 2010. Le but de la rencontre était de discuter et d’échanger avec les élèves sur la campagne « Exigeons la dignité » et la lutte contre la mortalité maternelle, tout en favorisant la familiarisation avec la DUDH.

En guise d’introduction, l’équipe d’animation a d’abord fait une brève présentation aux participants de la genèse et des objectifs du mouvement, suivie d’une clarification des notions de « dignité humaine » et de « mortalité maternelle ». Ensuite, une copie de la DUDH a été remise à chaque élève avec l’objectif d’amener les élèves à identifier et débattre des articles qui les tiennent à cœur et portant sur la garantie de la dignité humaine et de la santé maternelle. Après le temps de lecture qui a été accordé pour l’identification des articles, la parole a été donnée aux participants pour recueillir leurs impressions sur les droits contenus dans la DUDH. Les échanges qui s’en ont suivis ont été très fournis et les élèves ont posé de nombreuses questions sur différents articles de la DUDH. En résumé, les débats ont fait ressortir trois (3) préoccupations majeures. Il s’agit d’abord de l’ineffectivité de certains articles tels que l’article 1 de la DUDH. Selon un des élèves, cet article ne permet pas encore aux jeunes filles d’aller à l’école au même titre que les jeunes garçons au Burkina Faso. Ensuite, une autre se plaint de l’absence d’interdiction expresse de l’excision dans la DUDH. Enfin, l’équipe d’Amnesty a été interpellée pour clarifier certains termes tels que « sûreté de la personne », « torture » et « peine de mort ». En sus, une réflexion particulière a été faite par une élève autour de l’article 25 de la DUDH. Elle se demande pourquoi on continue de maltraiter les femmes enceintes dans les maternités alors que l’Alinéa 2 de la DUDH dit que « la maternité et l’enfance ont droit a une aide et à une assistance spéciales » ? Surprise et satisfaite par la pertinence des différentes interventions des élèves, l’équipe d’Amnesty Burkina a apporté les éléments de réponse à ces préoccupations et parlé de ce que font Amnesty International et ses partenaires pour la protection de la santé maternelle au Burkina. Un portrait de la situation de la mortalité maternelle dans notre pays a été dressé et, ramené à l’échelle de la classe où se tenait la réunion, presque la moitié de la quarantaine d'élèves partictipants ont eu, de près ou de loin, connaissance de décès maternels.

lundi 24 mai 2010

Saint-Dié-Des-Vosges: Une randonnée à vélo en faveur de la dignité humaine et contre la mortalité maternelle au Burkina Faso


Dans le cadre de la campagne "Exigeons la Dignité" et de la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso, le Groupe Amnesty SAINT - DIE - DES - VOSGES a organisé une manifestation "vélo" et de signature de pétitions.
Pour en savoir plus sur cette activité : http://amnestysaintdie.blogspot.com/

vendredi 30 avril 2010

A la une ! Speaker Tour 2010, Madame Traoré Diougal A. aux portes de l’Europe.

Lorsque en octobre 2009, Mme TRAORE Djougal Abdoulaye recevait la visite des membres du comité pour la campagne contre mortalité maternelle d’Amnesty Burkina à Gorom - Gorom, elle ne se doutait point du rôle qui l’attendait dans le cadre de cette campagne de réduction de la mortalité maternelle au Burkina Faso. Animatrice à Family Care International Burkina et recommandée par son Coordonnateur national, Mme TRAORE a d’abord aidé Amnesty Burkina dans la mise en place du comité local d’organisation de la caravane de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de l’accès au droit à la santé maternelle par les femmes au Burkina. Piloté par elle même, le comité local de Gorom – Gorom est composé d’une dizaine de membres provenant de six (6) associations locales de femmes et de jeunes partenaires à la campagne. C’est ce comité qui a été aux avant-postes de l’organisation de la caravane de chameaux dans le Sahel, ainsi que de la tenue des autres activités dans la ville de Gorom – Gorom pendant la caravane.
Aujourd’hui, à travers le Speaker Tour organisé par les sections française, belge et suisse d’Amnesty International, Mme Traoré décollera de l’aéroport international de Ouagadougou le 2 mai 2010 pour l’Europe en vue d’un plaidoyer en faveur de la santé maternelle au Burkina.
Le calendrier de Mme Traoré sera très chargé avec des rencontres avec les membres d’Amnesty et des autorités, des interviews avec des journalistes, des réunions de travail avec des ONGs impliquées dans la lutte contre la mortalité maternelle. Elle prendra également part à deux événements d'envergure. Le premier événement, intitulé « le coté sombre de la journée de la mère » : la mortalité maternelle est organisé par le groupe de travail du Parlement Européen sur la santé reproductive, HIV/Aids et le développement, Marie Stopes International et la German Foundation for World Population. Cette activité aura lieu au Parlement Européen. Quant au second, il se tiendra à Leuven, près de Bruxelles en Belgique et aura pour titre la Nuit des mères. Cet évènement sera marqué par une intervention de Mme Traoré qui parlera de son travail et la situation de la santé maternelle dans son pays.

Pour en savoir plus sur Mme Traoré Djougal Abdoulaye :

dimanche 25 avril 2010

Le Staff d'Amnesty Italie félicite les membres du comité mortalité maternelle


Rome, 21 April 2010

To: Maternal Mortality Committe

Dear friends,

This poster is for you ! It's a pleasure work with you and we wish to thank you for your GREAT JOB on Maternal Mortality in Burkina.

Warm regards,

Laura Renzi
Campaign Coordinator
AI Italy

Revendication des droits sexuels et reproductifs : après le gouvernement, le tour du réseau des parlementaires en population et développement.


En rappel, à l’occasion du 08 mars – Journée internationale de la femme – Amnesty et ses partenaires avaient adressé une Déclaration commune sur les droits sexuels et reproductifs au gouvernement burkinabé par l’entremise du Ministère de la promotion de la femme.

C’est cette même Déclaration commune qui a été transmise au réseau des parlementaires en population et développement lors de l’audience du 12 avril au sein de l’Assemblée Nationale. Par cet acte, nous avons demandé aux députés, élus du peuple et membres de ce réseau, de contribuer à l’accès sans entrave par les populations à leurs droits sexuels et reproductifs en veillant à ce que le gouvernement tienne compte des recommandations de la Déclaration commune. En réceptionnant le document, qui contenait aussi le communiqué de presse d’Amnesty International relatif à l’engagement du Président du Faso à lever tous les obstacles financiers aux soins obstétriques et à la contraception, les deux (2) représentants du Réseau ont promis de prendre davantage connaissance du contenu, mais aussi ils ont pris l’engagement d’être notre porte-voix au sein de l’Assemblée Nationale.

Le réseau des députés en population et développement a beaucoup contribué à l’adoption de la loi sur la santé de la reproduction en 2005. Si cette loi constitue une importante et encourageante innovation dans la promotion de la santé de la reproduction, elle présente tout de même de sérieuses lacunes dans l'application. En effet, il y a un besoin primordial d'information des populations sur la santé de la reproduction et le pouvoir de décision des femmes quant à leur santé reproductive est actuellement un vœu pieux au Burkina Faso. A titre d’exemples, certaines dispositions sont vraiment lettre morte :


- L’article 9 dispose que « les couples et les individus décident librement et avec discernement, du nombre de leurs enfants ainsi que de l’espacement de leurs naissances ».
En réalité les femmes ne décident pas librement, et sont généralement sous l'influence et l'autorité de leur mari et de leur famille. En ce qui concerne leur discernement, beaucoup manquent d'informations sur l'importance de l'espacement et de la limitation des naissances pour leur santé et celle de leurs enfants.


- L’article 11 stipule que « tout individu y compris les adolescents et les enfants, tout couple a droit à l’information, à l’éducation concernant les avantages, les risques et l’efficacité de toutes les méthodes de régulation des naissances. ».

Ce droit n'est pas une réalité pour beaucoup de personnes, essentiellement des femmes.

C’est la raison pour laquelle, la suite des échanges a porté spécialement sur cette loi relative à la santé de la reproduction, notamment les perspectives qu’envisage le réseau des députés quant à la mise en œuvre effective de cette loi. A ce propos, les députés ont rappelé le combat mené pour l’adoption de ladite loi et la nécessité de la vulgariser maintenant. Allusion a été faite aux questions posées au Premier Ministre relativement à l’adoption des textes d’application de la loi, à l’initiative de l’ONG Equilibre & Populations en collaboration avec le Réseau pour traduire le texte de loi en différentes langues nationales et aussi au programme d’activités du Réseau par rapport à l’application de la loi : rencontre avec le Ministre de la santé, les partenaires techniques et financiers, etc. En plus de la question de l’application et de la vulgarisation de la loi, le statut de la femme a aussi été évoqué par les Députés comme une préoccupation qui nécessite un travail en partenariat. Et pour le Député DIESSONGO, l’amélioration de ce statut nécessite l’engagement des femmes dans des structures pour mieux défendre collectivement leurs droits, car adopter une loi est une chose, l’appliquer sur le terrain en est une autre.

Vie des groupes : les responsables des groupes jeunes de Ouagadougou à l’école de l’activisme en faveur du droit à la santé maternelle.


C’était le dimanche 11 avril. Une trentaine de jeunes, tous membres des bureaux de coordination des groupes jeunes d’Amnesty Burkina, étaient au Secrétariat National dans le cadre d’une formation sur le militantisme en faveur des droits humains, notamment du droit à la santé maternelle. Cette session de formation avait pour but de stimuler l’action par, pour et avec les jeunes d’Amnesty Burkina dans le cadre de la lutte contre la mortalité maternelle au Burkina Faso.

Amnesty Burkina est forte de neuf (9) groupes jeunes, dont six (6) groupes à Ouagadougou, deux (2) à Bobo et un (1) à Koudougou. Ainsi, plus de quatre cent (400) jeunes œuvrent dans la promotion et la défense des droits humains au sein de la structure et ce, conformément à l’esprit de la stratégie internationale jeune adoptée en 2005 par le mouvement. Il était donc de bon ton, à travers cette formation ciblée, de mettre les jeunes de Ouagadougou au diapason de la caravane et des différentes phases de la campagne et permettre un cadre d’échanges et d’identification des activités jeunes à mener dans le futur.

Du point de vue de la structure de la formation, une présentation power point des activités menées pendant la caravane a, dans un premier temps, permis d’informer et de rendre compte aux jeunes de tout ce qui a été fait lors de la caravane. Cela, a aussi permis de montrer des exemples d’actions ou d’activités de sensibilisation qui pourraient être reprises par les jeunes dans le cadre de leur militantisme en faveur du droit à la santé maternelle au sein de leur groupe respectif. Le contenu du droit à la santé, du droit à la santé maternelle et des droits sexuels et reproductifs, avec une indication des sources telles que la constitution, la loi sur la santé de la reproduction, le Pacte International sur les droits économiques sociaux et culturels, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole de Maputo a fait également partie de cette présentation. Dans un second temps, une information sur les différentes phases de la campagne et des travaux de groupe a permis de mener une réflexion autour des activités que ces groupes pourraient organiser et renforcer leur militantisme en la faveur de la santé maternelle au Burkina Faso.

Grace à cette participation, les groupes jeunes ont renouvelé leur engagement. Ils ont aussi apprécié positivement cette formation, ou ce nouveau souffle qui a été insufflé dans l’activisme jeune au sein d’Amnesty Burkina, pourrait-on dire !

lundi 12 avril 2010

Amnesty Burkina participe à une Journée de promotion de la santé maternelle et infantile à Bougrétenga.


Le mercredi 8 avril dernier, une délégation d’Amnesty International Burkina a participé à une foire sur la santé maternelle et infantile à Bougrétenga, un village situé à 12 km de la ville de Pouytenga dans la région du centre – est et relevant de l’aire sanitaire de Kando.

Organisée par l’association Bangr-nooma de Koupéla, l’association pour le développement de Bougrétenga, avec l’appui du Projet Survie de l’Enfant de l’ONG plan Koupéla, cette Journée avait pour objectif de contribuer à l’amélioration de la santé de la mère et de l’enfant au sein des communautés par la promotion de l’implication des leaders aux activités de promotion de santé communautaire, le rehaussement du niveau de participation des Agents de Santé Communautaires (ASC), des Accoucheuses Villageoises et du comité de gestion (COGES) aux activités du Projet Survie de l’Enfant, l’augmentation du niveau de fonctionnalité des Cellules de Santé Villageoise (CSV) dans l’aire sanitaire de Kando.

Dans la matinée, une course cycliste féminine a d’abord été organisée avant la mobilisation au sein de l’école de Bougrétenga, site de la première édition de la Journée de promotion de la santé maternelle et infantile de cette localité. Pendant la cérémonie d’ouverture qui a suivi, un sketch sur les consultations prénatales et le paludisme a permis aux jeunes de sensibiliser les centaines de personnes qui composaient l’assistance sur l’importance des consultations prénatales et la façon de se prémunir contre le paludisme. Du discours du représentant du parrain à celui du Secrétaire général de la mairie de Kando, représentant le maire, les autorités ont félicité cette initiative et rappelé que la lutte contre la mortalité maternelle et infantile figure en bonne place dans la liste des priorités du gouvernement burkinabé. Celles-ci ont aussi invité les populations de l’aire sanitaire de Kando à fréquenter le CSPS pour les consultations prénatales et les accouchements. Elles ont enfin souligné l’importance de la planification familiale dans la promotion de la santé maternelle et infantile et exhorté les populations à adopter une méthode contraceptive pour le contrôle des naissances de leurs enfants. A la suite des discours, un cérémonial de remise de prix a permis de récompenser les quatre (4) meilleurs agents de santé communautaire dont deux (2) agents de santé villageoise et deux (2) accoucheuses villageoises. Des femmes enceintes résidant à plus de 5 km du CSPS et ayant fait au moins quatre (04) CPN et accouché en maternité ont aussi été sélectionnées et primées. Amnesty Burkina a encouragé toutes ces personnes en contribuant aux différents prix par la distribution de gadgets (tee-shirt) promotionnels à tous les lauréats.

Après la cérémonie d’ouverture, une grande Kermesse a pris place et servi de cadre d’animation musicale de tout ordre, d’organisation de jeux concours, de rencontres et d’échanges entre les différents acteurs locaux et nationaux. Quant à la délégation d’Amnesty Burkina, elle a tenu un stand d’animation et de vulgarisation des informations à propos de la campagne sur la mortalité maternelle. Elle a aussi eu des échanges très fructueux avec les responsables des associations organisatrices, les membres du personnel de santé et du comité de gestion du CSPS de Kando.
En somme, l’intérêt de notre participation à cette foire a été d’abord le soutien à cet exemple d’engagement communautaire qui recommande le soutien de tout acteur œuvrant pour la réduction de la mortalité maternelle et/ou infantile au Burkina Faso. Ensuite, cette expérience a permis le partage et la récolte d’information sur la situation de la santé maternelle et les différentes préoccupations des populations dans l’aire sanitaire de Kando. Enfin, la contribution à la visibilité de cette initiative auprès de tous les partenaires servira sans doute à l’organisation ou à l’appui de ce type d’initiative communautaire de lutte contre la mortalité maternelle et, pourquoi pas, à l’avènement d’une foire nationale, régionale ou internationale entre les partenaires eux-mêmes.

Informations complémentaires sur l’aire sanitaire de Kando :

Selon les données du CSPS de Kando, l’aire sanitaire de Kando compte une population de 20 942 habitants en 2010. Le problème majeur qui joue beaucoup sur les indicateurs est celui lié aux difficultés d’accès géographique au CSPS, surtout en saison des pluies. Des cas d’accouchement au bord des marigots et des cours d’eaux ont été relevés. Le village le plus proche se situe à 4 km du CSPS et celui le plus éloigné est à plus de 30 km du CSPS. Conséquences : le nombre de CPN 2 était de 527 femmes en 2009, soit un taux de couverture de 50,70 %. Dans la même année, le nombre d’accouchements assistés en maternité était de 453, soit un taux de couverture de 48,65 %. Concernant la planification familiale, 407 femmes se sont inscrites en 2009, ce qui représente un taux de prévalence contraceptive de 10,82 %.

Pour juguler le problème d’accessibilité au centre de soins et accroitre la qualité des soins, l’association pour le développement de Bougrétenga, avec l’appui de ses partenaires extérieurs, a initié un projet déjà très avancé de construction d’un CSPS dans le village de Bougrétenga et ce CSPS sera à environ 7 km de celui de Kando. Selon, l’Infirmier Breveté du CSPS de Kando, le fonctionnement du nouveau CSPS facilitera le travail du personnel et l’accès de certaines populations de l’aire sanitaire de Kando. Encore faut-il que le gouvernement et les bailleurs potentiels écoutent les doléances de l’association exprimées à maintes reprises lors de la tenue de cette foire de promotion de la santé maternelle et infantile.

jeudi 1 avril 2010

Subvention des soins en Afrique de l’Ouest, un atelier pour le partage des leçons tirées des expériences à Ouagadougou.


Le mercredi 24 mars 2010 à Splendid Hôtel de Ouagadougou, a eu lieu un atelier de partage des leçons tirées des expériences de subvention des soins en Afrique de l’ouest. Organisé par l’ONG Help et l’Université de Montréal, les travaux de cet atelier ont été lancés par le Secrétaire général du Ministère de la santé du Burkina Faso et avaient pour objectif le partage des connaissances produites à partir de politiques et projets de subvention du paiement des soins en faveur de populations vulnérables au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Bénin et au Ghana.

Malgré le fait qu’au Burkina Faso, la majeure partie de la population ne dispose que de très faible capacité à payer, il est toujours actuellement demandé aux patients de payer pour les soins de santé. Or, le paiement de ces soins peut parfois être très important, obligeant ainsi les familles à s’endetter, voire à renoncer aux soins. Aussi, la subvention partielle des soins telle que pratiquée par le Burkina Faso et connue sous le nom de Soins Obstétricaux et Néonatals d’Urgence (SONU), peut avoir un effet pervers de confusion chez les familles sur ce qui est gratuit et ce qui payant et conduit parfois à des demandes excessives de la part du personnel de santé. Pour faire face à ces contraintes, depuis septembre et octobre 2008, l’ONG HELP et la Fondation Terre des Hommes, financées par le bureau d’aide humanitaire de l’Union Européenne (ECHO), payent à la place des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et allaitantes. Cette gratuité des soins pour les patients n’est pas synonyme de perte financière pour le système de santé car ce dernier doit continuer de fonctionner normalement. Aussi, ces ONG remboursent-elles les soins devenus gratuits pour les patients aux formations sanitaires. Ce type d’intervention étant très nouveau au Burkina Faso et dans la région, ces ONG ont demandé à une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal (CRCHUM) d’évaluer cette nouvelle stratégie sur la base d’études opérationnelles dans le but de produire des données probantes utiles à la prise de décision en faveur d’un accès des populations vulnérables aux soins de santé. L’atelier de Ouagadougou a donc servir de cadre pour les chercheurs de l’Université de Montréal de partager les premiers résultats de leurs travaux. De plus, les responsables des politiques publiques semblables dans les pays voisins ont été invités pour partager les leçons apprises de leurs expériences respectives. C’est ainsi que les expériences nationales du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Ghana ont été présentées et discutées avec les responsables du ministère de la santé du Burkina Faso et d’organisations nationales et internationales. Ces recherches et expériences montrent toute la pertinence de la subvention des soins pour améliorer l’accès au système de santé pour les populations vulnérables mais aussi tous les défis qu’il reste à surmonter pour que sa mise en œuvre soit la plus efficace possible.

Le 31 décembre 2009, le chef de l’État burkinabé a annoncé la gratuité des traitements anti-rétroviraux. Puis en février 2010, il a annoncé qu’il souhaitait lever toutes les barrières financières à l’accès aux soins obstétricaux. Il y a donc fort à parier que les leçons tirées de ces expériences seront prises en compte au Burkina Faso afin de mettre en application la volonté déclarée par le chef de l’État de lever toutes les barrières à l’accès aux soins obstétricaux et pourquoi pas un jour peut-être des enfants de moins de 5 ans.




lundi 22 mars 2010

PABRE, vers une dynamique locale de lutte contre la mortalité maternelle.

Le jeudi 18 mars, une délégation du Secrétariat national d’Amnesty Burkina s’est rendue à Pabré, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, sur invitation du groupe d’Amnesty Burkina de Pabré.


Cette initiative avait pour but l’information des membres et sympathisants du groupe autour de la campagne sur la mortalité maternelle, notamment la suite de la caravane de sensibilisation. Elle était censée aussi permettre la création d’une dynamique locale d’action en faveur de la réduction de la mortalité maternelle.

Sur une base d’échanges directs et francs, la délégation a pu s’entretenir pendant 3 heures d’horloge avec les membres et sympathisants du groupe. Il y a eu aussi la participation de quelques membres de l’association féminine Pagb-tilgré de Pabré et de l’agent de marketing social de Marie Stopes International basé à Pabré. Les échanges ont porté sur les conclusions du rapport et les recommandations d’Amnesty International, les préoccupations des femmes et des populations de Pabré concernant la santé maternelle. L’accès aux droits sexuels et reproductifs, notamment la planification familiale, a été développée par les participants et leur adhésion à la promotion de la santé maternelle a permis de jeter les bases en vu de la création d’un cadre de concertation et d’action en faveur de la lutte contre les décès maternels évitables et pour le respect du droit à la santé maternelle dans la localité de Pabré.

samedi 20 mars 2010

Accès sans entrave à la planification familiale au Burkina Faso : Une Déclaration commune adressée au Gouvernement.


Dans le cadre de la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso et à l’occasion du 08 mars, une vingtaine d’Associations et ONG dont Amnesty International Burkina, ont adressée une déclaration commune au Gouvernement burkinabé dans le but d’interpeler les autorités à œuvrer pour rendre effectif les droits sexuels et reproductifs au Burkina Faso.

La déclaration a été officiellement remise à Mme ILBOUDO Clémence, Secrétaire générale du Ministère de la promotion de la femme le vendredi 12 mars par Mme Claire Rouamba, Présidente de l’Association des Femmes Unies et Développement, une association partenaire à la campagne. Faisaient aussi partie de la délégation les représentants de l’ONG Equilibre & Population, l’ONG Help Assistance allemande, l’Association Burkinabé pour le Bien Être Familial et d’Amnesty Burkina.

Entourée de ses collaborateurs, La Secrétaire Général a salué l’initiative et indiqué que son département était particulièrement concerné par cette thématique et plusieurs actions sont menées par le Ministère de la promotion de la femme en vu de contribuer à l’accès des femmes à la planification familiale. Après les explications et échanges, Mme ILBOUDO a réceptionné le document en promettant de le transmettre à qui de droit.

L'INTEGRALITE DE LA DECLARATION COMMUNE

Déclaration commune en faveur d’un accès sans entrave à la planification familiale au Burkina Faso

Dans le cadre de la campagne de lutte contre la mortalité maternelle au Burkina Faso lancée en janvier 2010, Nous, associations signataires avons décidé d’appeler d’une même voix le gouvernement du Burkina Faso à mettre en œuvre les mesures suivantes afin d’assurer le respect des droits sexuels et reproductifs en garantissant notamment un accès sans entrave à la planification familiale.

La planification familiale a été identifiée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) comme l’un des trois volets de toute stratégie visant à réduire la mortalité maternelle conjointement aux accouchements médicalement assistés et l’accessibilité aux soins obstétricaux d’urgence.

Au Burkina Faso, de l’avis même des autorités, les besoins en matière de planification familiale de la population sont loin d’être satisfaits. À titre d’exemple, et selon les chiffres récemment publiés par les Nations unies, le taux de prévalence contraceptive serait seulement de 17% chez les femmes âgées de 15 à 49 ans. Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont énormes et le taux de prévalence contraceptive augmente très lentement, environ 0.5 point de pourcentage par an, selon le Lead Demographer pour l’Afrique de l’Ouest de la Banque Mondiale. Ce problème est d’autant plus aigu qu’il est lié au faible statut socio-économique de la femme, notamment dans les zones rurales, où les femmes n’ont pas de réel pouvoir de décision et n’ont guère leur mot à dire quand il s’agit de prendre des décisions essentielles concernant la famille et notamment le nombre et l’espacement des naissances.

Tout en reconnaissant les efforts déployés par le gouvernement en vue de combattre les importantes résistances socio-culturelles en matière de planification familiale, Nous, associations signataires, souhaitons attirer l’attention sur un triple obstacle qui empêche les populations de jouir de leurs droits sexuels et reproductifs. Ces trois obstacles sont les suivants :

(A) Information insuffisante en matière de planification familiale

Prenant acte de la reconnaissance du droit à l’information en matière de planification familiale, consacré par la loi de 2005 sur la santé de la reproduction, Nous, associations signataires, appelons le gouvernement à lancer, dans les meilleurs délais, à l’échelle nationale, une campagne ambitieuse d’information en particulier au niveau communautaire et en langue locale, en consultation et en coordination avec les organisations de la société civile, y compris avec celles travaillant au niveau local.
Cette campagne d’information doit viser à améliorer la connaissance et l’accès des populations, et notamment des hommes, aux services de planification familiale et à accroitre l’implication de la société civile dans le processus de décision.

(B) Accès insatisfaisant aux services de planification familiale

Inquiets de l’absence de confidentialité qui prévaut souvent lors des consultations de planification familiale ainsi que de l’accueil parfois dissuasif réservé notamment aux jeunes filles et aux femmes venant consulter seules, Nous, associations signataires, exhortons le gouvernement à assurer une meilleure formation des agents de santé chargés de la planification familiale, de sorte que les populations puissent en toute confiance et en toute sécurité avoir accès à ces services, en veillant notamment à la confidentialité des entretiens.

(C) Coût des produits contraceptifs qui peut se révéler parfois trop élevé pour les populations les plus démunies

Bien que le coût des contraceptifs soit fortement subventionné, certains produits, tels que l’implant, demeurent néanmoins trop onéreux pour nombre de femmes parmi les plus défavorisées et sont parfois indisponibles. Nous, associations signataires, prions le gouvernement d’adopter une politique pérenne d’approvisionnement et d’exemption totale des produits contraceptifs, à l’instar des autres stratégies d’exemption de coûts pour des soins de santé, déjà courageusement mises en place par le gouvernement au cours de la dernière décennie.

Si, conformément à ses obligations nationales et internationales, le gouvernement prend ces mesures, dans un délai raisonnable, et les met en œuvre de façon efficace et concertée, la vie d’un grand nombre de femmes pourrait être épargnée et il peut être raisonnable d’espérer que peu à peu la grossesse, au Burkina Faso, ne sera plus synonyme de peur.

Fait, à Ouagadougou, le 8 mars 2010


Associations signataires :

Amnesty International Burkina Faso (AIBF)
Alliance du Ruban Blanc (ARB)
Amicale Burkinabé des Infirmières (ABI)
Association Burkinabé pour le Bien Être Familial (ABBEF)
Association Burkinabé des Sages – Femmes (ABSF)
Association Burkinabé de Santé Publique (ABSP)
Association des Femmes Unies pour le Développement (ASFUD)
Association des Hommes Pour la Santé Maternelle et Infantile (AHPSMI)
Association Italienne Femme pour le Développement (AIDOS)
Association Maternité Sans Risque (AMASAR)
Association Songui-Manegre Aide au Développement Endogène (ASMADE)
Equilibre & Population(E&P)
Family Care International (FCI)
Fondation Terre Des Hommes (TDH)
Help Assistance allemande
Marie Stopes International (MSI)
Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP)
ONG Voix des femmes
Save the Children Canada
Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB)
SOS / Jeunesse et Défis (SOS/JD)

mardi 2 mars 2010

Fin de la caravane de lutte contre la mortalité maternelle, déjà une note d'espoir !


La caravane de sensibilisation et de plaidoyer contre la mortalité maternelle au Burkina est arrivée à Ouagadougou le 8 février 2010. Une rencontre avec les femmes de Tanghin - Dassouri a eu lieu le 9 février avec la participation de Claudio Cordone, Secrétaire Général par intérim d'Amnesty International. Cette dernière activité portait la marque de la fin officielle de la caravane.

Du 27 janvier au 7 février 2010, l'équipe d'Amnesty Burkina, appuyée par le Secrétariat International et les délégués venus du Togo, de la Côte d' Ivoire et du Mali, est allée à la rencontre des populations de Kaya, Gorom-Gorom, Fada N'Gourma, Gonboussougou, Gaoua, Bobo Dioulasso, Tougan et Ouahigouya. Elle a été aussi reçue par les autorités locales à tous les niveaux.


Nous reviondrons sur l'ensemble des activités menées, l'ambiance générale avec les populations, leurs préoccupations, les recommandations d'Amnesty International etc ...