lundi 22 mars 2010

PABRE, vers une dynamique locale de lutte contre la mortalité maternelle.

Le jeudi 18 mars, une délégation du Secrétariat national d’Amnesty Burkina s’est rendue à Pabré, une localité située à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, sur invitation du groupe d’Amnesty Burkina de Pabré.


Cette initiative avait pour but l’information des membres et sympathisants du groupe autour de la campagne sur la mortalité maternelle, notamment la suite de la caravane de sensibilisation. Elle était censée aussi permettre la création d’une dynamique locale d’action en faveur de la réduction de la mortalité maternelle.

Sur une base d’échanges directs et francs, la délégation a pu s’entretenir pendant 3 heures d’horloge avec les membres et sympathisants du groupe. Il y a eu aussi la participation de quelques membres de l’association féminine Pagb-tilgré de Pabré et de l’agent de marketing social de Marie Stopes International basé à Pabré. Les échanges ont porté sur les conclusions du rapport et les recommandations d’Amnesty International, les préoccupations des femmes et des populations de Pabré concernant la santé maternelle. L’accès aux droits sexuels et reproductifs, notamment la planification familiale, a été développée par les participants et leur adhésion à la promotion de la santé maternelle a permis de jeter les bases en vu de la création d’un cadre de concertation et d’action en faveur de la lutte contre les décès maternels évitables et pour le respect du droit à la santé maternelle dans la localité de Pabré.

samedi 20 mars 2010

Accès sans entrave à la planification familiale au Burkina Faso : Une Déclaration commune adressée au Gouvernement.


Dans le cadre de la campagne contre la mortalité maternelle au Burkina Faso et à l’occasion du 08 mars, une vingtaine d’Associations et ONG dont Amnesty International Burkina, ont adressée une déclaration commune au Gouvernement burkinabé dans le but d’interpeler les autorités à œuvrer pour rendre effectif les droits sexuels et reproductifs au Burkina Faso.

La déclaration a été officiellement remise à Mme ILBOUDO Clémence, Secrétaire générale du Ministère de la promotion de la femme le vendredi 12 mars par Mme Claire Rouamba, Présidente de l’Association des Femmes Unies et Développement, une association partenaire à la campagne. Faisaient aussi partie de la délégation les représentants de l’ONG Equilibre & Population, l’ONG Help Assistance allemande, l’Association Burkinabé pour le Bien Être Familial et d’Amnesty Burkina.

Entourée de ses collaborateurs, La Secrétaire Général a salué l’initiative et indiqué que son département était particulièrement concerné par cette thématique et plusieurs actions sont menées par le Ministère de la promotion de la femme en vu de contribuer à l’accès des femmes à la planification familiale. Après les explications et échanges, Mme ILBOUDO a réceptionné le document en promettant de le transmettre à qui de droit.

L'INTEGRALITE DE LA DECLARATION COMMUNE

Déclaration commune en faveur d’un accès sans entrave à la planification familiale au Burkina Faso

Dans le cadre de la campagne de lutte contre la mortalité maternelle au Burkina Faso lancée en janvier 2010, Nous, associations signataires avons décidé d’appeler d’une même voix le gouvernement du Burkina Faso à mettre en œuvre les mesures suivantes afin d’assurer le respect des droits sexuels et reproductifs en garantissant notamment un accès sans entrave à la planification familiale.

La planification familiale a été identifiée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) comme l’un des trois volets de toute stratégie visant à réduire la mortalité maternelle conjointement aux accouchements médicalement assistés et l’accessibilité aux soins obstétricaux d’urgence.

Au Burkina Faso, de l’avis même des autorités, les besoins en matière de planification familiale de la population sont loin d’être satisfaits. À titre d’exemple, et selon les chiffres récemment publiés par les Nations unies, le taux de prévalence contraceptive serait seulement de 17% chez les femmes âgées de 15 à 49 ans. Les besoins non satisfaits en matière de planification familiale sont énormes et le taux de prévalence contraceptive augmente très lentement, environ 0.5 point de pourcentage par an, selon le Lead Demographer pour l’Afrique de l’Ouest de la Banque Mondiale. Ce problème est d’autant plus aigu qu’il est lié au faible statut socio-économique de la femme, notamment dans les zones rurales, où les femmes n’ont pas de réel pouvoir de décision et n’ont guère leur mot à dire quand il s’agit de prendre des décisions essentielles concernant la famille et notamment le nombre et l’espacement des naissances.

Tout en reconnaissant les efforts déployés par le gouvernement en vue de combattre les importantes résistances socio-culturelles en matière de planification familiale, Nous, associations signataires, souhaitons attirer l’attention sur un triple obstacle qui empêche les populations de jouir de leurs droits sexuels et reproductifs. Ces trois obstacles sont les suivants :

(A) Information insuffisante en matière de planification familiale

Prenant acte de la reconnaissance du droit à l’information en matière de planification familiale, consacré par la loi de 2005 sur la santé de la reproduction, Nous, associations signataires, appelons le gouvernement à lancer, dans les meilleurs délais, à l’échelle nationale, une campagne ambitieuse d’information en particulier au niveau communautaire et en langue locale, en consultation et en coordination avec les organisations de la société civile, y compris avec celles travaillant au niveau local.
Cette campagne d’information doit viser à améliorer la connaissance et l’accès des populations, et notamment des hommes, aux services de planification familiale et à accroitre l’implication de la société civile dans le processus de décision.

(B) Accès insatisfaisant aux services de planification familiale

Inquiets de l’absence de confidentialité qui prévaut souvent lors des consultations de planification familiale ainsi que de l’accueil parfois dissuasif réservé notamment aux jeunes filles et aux femmes venant consulter seules, Nous, associations signataires, exhortons le gouvernement à assurer une meilleure formation des agents de santé chargés de la planification familiale, de sorte que les populations puissent en toute confiance et en toute sécurité avoir accès à ces services, en veillant notamment à la confidentialité des entretiens.

(C) Coût des produits contraceptifs qui peut se révéler parfois trop élevé pour les populations les plus démunies

Bien que le coût des contraceptifs soit fortement subventionné, certains produits, tels que l’implant, demeurent néanmoins trop onéreux pour nombre de femmes parmi les plus défavorisées et sont parfois indisponibles. Nous, associations signataires, prions le gouvernement d’adopter une politique pérenne d’approvisionnement et d’exemption totale des produits contraceptifs, à l’instar des autres stratégies d’exemption de coûts pour des soins de santé, déjà courageusement mises en place par le gouvernement au cours de la dernière décennie.

Si, conformément à ses obligations nationales et internationales, le gouvernement prend ces mesures, dans un délai raisonnable, et les met en œuvre de façon efficace et concertée, la vie d’un grand nombre de femmes pourrait être épargnée et il peut être raisonnable d’espérer que peu à peu la grossesse, au Burkina Faso, ne sera plus synonyme de peur.

Fait, à Ouagadougou, le 8 mars 2010


Associations signataires :

Amnesty International Burkina Faso (AIBF)
Alliance du Ruban Blanc (ARB)
Amicale Burkinabé des Infirmières (ABI)
Association Burkinabé pour le Bien Être Familial (ABBEF)
Association Burkinabé des Sages – Femmes (ABSF)
Association Burkinabé de Santé Publique (ABSP)
Association des Femmes Unies pour le Développement (ASFUD)
Association des Hommes Pour la Santé Maternelle et Infantile (AHPSMI)
Association Italienne Femme pour le Développement (AIDOS)
Association Maternité Sans Risque (AMASAR)
Association Songui-Manegre Aide au Développement Endogène (ASMADE)
Equilibre & Population(E&P)
Family Care International (FCI)
Fondation Terre Des Hommes (TDH)
Help Assistance allemande
Marie Stopes International (MSI)
Mouvement Burkinabé des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP)
ONG Voix des femmes
Save the Children Canada
Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB)
SOS / Jeunesse et Défis (SOS/JD)

mardi 2 mars 2010

Fin de la caravane de lutte contre la mortalité maternelle, déjà une note d'espoir !


La caravane de sensibilisation et de plaidoyer contre la mortalité maternelle au Burkina est arrivée à Ouagadougou le 8 février 2010. Une rencontre avec les femmes de Tanghin - Dassouri a eu lieu le 9 février avec la participation de Claudio Cordone, Secrétaire Général par intérim d'Amnesty International. Cette dernière activité portait la marque de la fin officielle de la caravane.

Du 27 janvier au 7 février 2010, l'équipe d'Amnesty Burkina, appuyée par le Secrétariat International et les délégués venus du Togo, de la Côte d' Ivoire et du Mali, est allée à la rencontre des populations de Kaya, Gorom-Gorom, Fada N'Gourma, Gonboussougou, Gaoua, Bobo Dioulasso, Tougan et Ouahigouya. Elle a été aussi reçue par les autorités locales à tous les niveaux.


Nous reviondrons sur l'ensemble des activités menées, l'ambiance générale avec les populations, leurs préoccupations, les recommandations d'Amnesty International etc ...

samedi 31 octobre 2009

La construction de partenariat: un volet important de la stratégie de campagne!


La participation des associations et ONG, qu'elles soient professionnelles ou de développement, ou encore qu'elles consistent en de regroupements de femmes ou de jeunes filles, est l'un des objectifs suivis par Amnesty Burkina. De Ouaga à Ouahigouya, en passant par Gorom-Gorom, Fada, Gon Boussougou, Gaoua, Bobo et Tougan, près d'une centaine de personnes, membres de différentes structures associatives participe aux préparatifs pour la tenue de la caravane. Regroupées en comités, ces personnes reçoivent les membres d'Amnesty Burkina et discutent des meilleures stratégies d'organisation des activités dans les localités. A titre d'exemple, le comité national sur la mortalité maternelle était à Kaya et à Gorom Gorom du 16 au 18 octobre. Au menu de cette mission, des échanges avec les organisations de femmes des deux (2) localités, ainsi qu'avec les jeunes....

vendredi 23 octobre 2009

Réduction de la mortalité maternelle au Burkina: les artistes musiciens s'engagent eux aussi !


Ils étaient une dizaine à répondre positivement à l'appel d'Amnesty Burkina ce mercredi 14 octobre 2009.


L’objectif de cette rencontre avec les artistes était de voir dans quelle mesure ceux-ci pourraient contribuer dans la campagne pour la réduction de la mortalité maternelle au Burkina, notamment en ce qui concerne les activités de la caravane. A notre humble avis, les artistes musiciens sont un tremplin pour la mobilisation et leur implication en tant que célébrités renforce la réceptivité des populations.


Au sortir de la réunion, les artistes ont décidé de :


  • De composer et réaliser une chanson sur la mortalité maternelle ;

  • De contribuer au recueil de témoignages audio et/ou vidéos sur la thématique ;

  • De contribuer à la caravane en participant à l’animation du podium par leurs chansons.


mardi 22 septembre 2009

Projet de caravane pour la réduction de la mortalité maternelle au Burkina

Le 28 mai dernier Amnesty International a lancé une campagne dénommée « campagne exigeons la dignité ». Partout dans le monde, les millions de membres et sympathisants disent non aux atteintes aux droits humains qui aggravent et maintiennent les populations dans la pauvreté…

Pour en savoir plus sur la campagne, allez sur : http://www.amnesty.org

Au Burkina Faso…

Plusieurs Associations et ONG en partenariat avec Amnesty Burkina lanceront, dans le cadre global de la campagne « exigeons la dignité » en 2010, une campagne pour la réduction de la mortalité maternelle et l’autonomie des femmes au Burkina Faso.

Amnesty Burkina et ses partenaires mènerons des actions de lobbying et de la sensibilisation en faveur de l’amélioration des conditions d’accès à la santé maternelle et à l’autonomie pour toutes les femmes. Le coup d’envoi de la campagne se fera par l’organisation d’une caravane qui touchera plusieurs localités du Burkina Faso.

Qu’est ce que la caravane?

La caravane est un concept, un outil de campagne qui contribuera à la réalisation des objectifs de la campagne en faveur de la réduction de la mortalité maternelle et l’autonomie des femmes. Elle prendra plusieurs formes (les camions, les voitures, les chameaux, les vélos…) et sera adaptée aux différents terrains.

La caravane se déplacera d'un endroit à l'autre et traversera une dizaine de localités du Burkina Faso. Ça sera un cadre d’interaction entre les membres d’Amnesty Burkina et le grand public qui permettra de recueillir les préoccupations et les demandes des communautés liées à la santé maternelle et de démarrer un processus d'autonomisation des communautés, en particulier des femmes et des filles.

Les objectifs spécifiques de cette caravane sont les suivants :

- Changer l’opinion des gens, et particulièrement les femmes, sur la mortalité maternelle. Nous voulons lancer un processus à fin de convaincre les femmes et les communautés que la mortalité maternelle est évitable et constitue une violation à un droit humain fondamental, qu’est le droit à la santé de la femme.

- Rendre autonomes les femmes et les communautés à revendiquer leurs droits et prendre des décisions éclairées sur la recherche de soins de santé maternelle.

- Informer les femmes et les communautés sur leurs droits (coûts des soins, les frais acceptables, le principe de rendre des comptes, ..) et sur la santé maternelle, en particulier les signes de complications obstétricales

- Susciter l'activisme au niveau local et inclure les femmes comme des acteurs centraux dans la stratégie locale sur la mortalité maternelle

- Permettre la surveillance locale de la situation (qualité des soins, des incidents, ..) et collecter des voix et des témoignages (sur tous les supports audio et vidéo), pour donner un visage humain et des voix aux objectifs, et les utiliser pour les activités de plaidoyer et de campagne à tous les niveaux, y compris au niveau régional et national, voire international.