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jeudi 1 avril 2010

Subvention des soins en Afrique de l’Ouest, un atelier pour le partage des leçons tirées des expériences à Ouagadougou.


Le mercredi 24 mars 2010 à Splendid Hôtel de Ouagadougou, a eu lieu un atelier de partage des leçons tirées des expériences de subvention des soins en Afrique de l’ouest. Organisé par l’ONG Help et l’Université de Montréal, les travaux de cet atelier ont été lancés par le Secrétaire général du Ministère de la santé du Burkina Faso et avaient pour objectif le partage des connaissances produites à partir de politiques et projets de subvention du paiement des soins en faveur de populations vulnérables au Burkina Faso, au Mali, au Niger, au Bénin et au Ghana.

Malgré le fait qu’au Burkina Faso, la majeure partie de la population ne dispose que de très faible capacité à payer, il est toujours actuellement demandé aux patients de payer pour les soins de santé. Or, le paiement de ces soins peut parfois être très important, obligeant ainsi les familles à s’endetter, voire à renoncer aux soins. Aussi, la subvention partielle des soins telle que pratiquée par le Burkina Faso et connue sous le nom de Soins Obstétricaux et Néonatals d’Urgence (SONU), peut avoir un effet pervers de confusion chez les familles sur ce qui est gratuit et ce qui payant et conduit parfois à des demandes excessives de la part du personnel de santé. Pour faire face à ces contraintes, depuis septembre et octobre 2008, l’ONG HELP et la Fondation Terre des Hommes, financées par le bureau d’aide humanitaire de l’Union Européenne (ECHO), payent à la place des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et allaitantes. Cette gratuité des soins pour les patients n’est pas synonyme de perte financière pour le système de santé car ce dernier doit continuer de fonctionner normalement. Aussi, ces ONG remboursent-elles les soins devenus gratuits pour les patients aux formations sanitaires. Ce type d’intervention étant très nouveau au Burkina Faso et dans la région, ces ONG ont demandé à une équipe de chercheurs de l’Université de Montréal (CRCHUM) d’évaluer cette nouvelle stratégie sur la base d’études opérationnelles dans le but de produire des données probantes utiles à la prise de décision en faveur d’un accès des populations vulnérables aux soins de santé. L’atelier de Ouagadougou a donc servir de cadre pour les chercheurs de l’Université de Montréal de partager les premiers résultats de leurs travaux. De plus, les responsables des politiques publiques semblables dans les pays voisins ont été invités pour partager les leçons apprises de leurs expériences respectives. C’est ainsi que les expériences nationales du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, du Niger et du Ghana ont été présentées et discutées avec les responsables du ministère de la santé du Burkina Faso et d’organisations nationales et internationales. Ces recherches et expériences montrent toute la pertinence de la subvention des soins pour améliorer l’accès au système de santé pour les populations vulnérables mais aussi tous les défis qu’il reste à surmonter pour que sa mise en œuvre soit la plus efficace possible.

Le 31 décembre 2009, le chef de l’État burkinabé a annoncé la gratuité des traitements anti-rétroviraux. Puis en février 2010, il a annoncé qu’il souhaitait lever toutes les barrières financières à l’accès aux soins obstétricaux. Il y a donc fort à parier que les leçons tirées de ces expériences seront prises en compte au Burkina Faso afin de mettre en application la volonté déclarée par le chef de l’État de lever toutes les barrières à l’accès aux soins obstétricaux et pourquoi pas un jour peut-être des enfants de moins de 5 ans.




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