vendredi 11 juin 2010

Pétition adressée à l'Union africaine sur la mortalité et la morbidité évitables liées à la maternité en Afrique


Mesdames et Messieurs les chefs de gouvernement,

Nous saluons la décision prise par l'Union africaine de se concentrer sur la question de la santé maternelle en Afrique lors de la prochaine session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union africaine, qui se déroulera à Kampala du 25 au 27 juillet 2010.

Dans le cadre de sa campagne mondiale Exigeons la dignité, lancée pour défendre les droits des personnes vivant dans la pauvreté, Amnesty International s'attaque en particulier aux atteintes aux droits humains qui sont à la base de la persistance de la mortalité et de la morbidité maternelles. La grande majorité des femmes qui meurent de complications liées à la grossesse ou à l'accouchement font partie des populations les plus pauvres et les plus marginalisées de la société. Elles trouvent la mort parce qu'elles ne peuvent pas accéder à des soins médicaux adaptés, et aussi parce qu'elles n'ont pas la liberté de décider si elles désirent ou non une grossesse et de choisir le moment d'une grossesse. La plupart des décès liés à la maternité pourraient être évités.

Amnesty International a enquêté en Sierra Leone et au Burkina Faso sur les atteintes aux droits humains responsables de la mortalité et de la morbidité maternelles. Dans les deux rapports qu'elle a publiés, Amnesty International a mis en évidence les obstacles auxquels se heurtent les femmes qui ont besoin de soins médicaux maternels, obstacles qui constituent des violations de leurs droits fondamentaux. L'organisation a également souligné l'absence de surveillance et d'obligation de rendre des comptes pour ces atteintes aux droits humains.

Malgré plusieurs mesures et initiatives adoptées par l'Union africaine pour lutter contre ce problème, des failles subsistent en ce qui concerne la réalisation des engagements pris par les gouvernements africains. Dans l'optique du prochain Sommet, nous vous demandons donc instamment d'accorder à la question de l'élimination de la mortalité et des maladies évitables liées à la maternité toute l'attention qu'elle mérite, notamment en prenant en compte les points suivants, que nous jugeons essentiels :

nécessité de lutter contre la discrimination et de mettre fin aux pratiques traditionnelles dangereuses telles que les mutilations génitales féminines et les mariages précoces, qui augmentent le risque de mortalité et de morbidité maternelles ;

nécessité d'améliorer l'accès aux soins en matière de santé sexuelle et reproductive, ainsi que la protection des droits de toutes les femmes africaines ;

nécessité de lutter contre les obstacles financiers aux soins maternels pour les plus pauvres ;

nécessité d'améliorer la qualité des soins maternels afin d'empêcher des décès évitables ;

nécessité de renforcer l'obligation de rendre des comptes et le suivi pour apporter réparation aux victimes de violations.

L'Union africaine a un rôle déterminant à jouer concernant le respect du droit à la santé des femmes africaines et la réduction de la mortalité et de la morbidité maternelles en Afrique. Nous comptons sur vous !


Merci de signer la pétition d'Amnesty International ci-dessous adressée à l'Union africaine et de la diffuser à vos amis, vos proches et vos réseaux: http://www.amnesty.org/fr/appeals-for-action/help-stop-maternal-deaths-africa

mercredi 9 juin 2010

Save the Children Canada donne un coup de pousse décisif au projet d’implication des musiciens dans la campagne contre la mortalité maternelle

Longtemps prospecté par l’équipe d’Amnesty Burkina et bien accueilli par les artistes musiciens eux-mêmes, le projet d’associer nos célébrités dans la campagne contre la mortalité maternelle dans notre pays a été renforcé par l’adhésion de Save the Children Canada au concept et sa décision de participer à la production de la chanson de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la santé maternelle.

En rappel, une première rencontre d’information avait eu lieu au siège d’Amnesty Burkina en octobre 2009 avec les mêmes artistes musiciens. Cette rencontre avait permis d’établir le contact et de jeter les bases du partenariat avec les artistes.

La rencontre qui a eu lieu le lundi 07 juin au siège de Save the Children Canada était donc la deuxième. Elle a permis de réunir les trois acteurs à savoir les artistes musiciens, l’équipe de Save the Children Canada et celle d’Amnesty Burkina. Les points abordés lors de cette rencontre étaient de plusieurs ordres. D’abord, il s’est agit de s’informer par rapport aux actions menées par l’ONG Save the Children Canada et aux échanges et relations déjà établis entre Amnesty Burkina et les artistes musiciens. Ensuite, Amnesty Burkina et Save the Children Canada, partenaires dans la campagne contre la mortalité maternelle, ont exprimé leurs attentes sur la participation des artistes dans la campagne. Le débat qui a suivi a permis de dégager des perspectives d’actions communes et même une esquisse de programme de mise en œuvre du projet a été établie.
Affaire à suivre !

Festival « Ciné droit libre » : Projection du film sur la caravane et débats sur la mortalité maternelle au Burkina Faso

A cette 6ème édition du festival « ciné droit libre » qui a eu lieu à Ouagadougou du 02 au 06 juin, les amoureux du septième art version engagée ont découvert le travail fait par Amnesty International Burkina et de ses partenaires dans le cadre de l’entreprise gigantesque de sensibilisation et de plaidoyer en faveur de la santé maternelle qu’a été la caravane en début d’année 2010. De la tournée de sensibilisation à dos de chameaux des populations rurales de la région du Sahel, aux rencontres d’échange avec les femmes et les hommes, le personnel de santé et les accoucheuses traditionnelles, en passant par les actions de lobbying auprès des autorités locales et nationales, le film documentaire a contribué à dépeindre la problématique de la mortalité maternelle au Burkina Faso. Il a aussi contribué a montré un pan du travail fait par les associations et ONG pour promouvoir la santé maternelle dans les différentes localités visitées pendant la caravane.

A la fin de la projection qui a duré 26 minutes, un panel a été institué avec les représentants d’Amnesty Burkina et la modération a été assurée par Fousséni KINDO, journaliste à Radio Télévision du Burkina (RTB)). De vives félicitations ont été adressées à Amnesty International pour son engagement dans la promotion et la protection du droit à la santé maternelle. Tous les intervenants ont d’abord témoigné de l’existence et de la persistance du phénomène des décès maternels au Burkina. Selon eux, la participation d’une ONG comme Amnesty International renforcera la dynamique de promotion de la santé des femmes. Ensuite, les points de vue évoqués au cours des débats convergeaient vers les pesanteurs socio-culturelles, la pauvreté des femmes et des ménages, l’insuffisance des centres de soins et de la situation précaire de certains agents de la santé. Il y avait aussi des inquiétudes par rapport aux subventions et à certains projets dont l’arrivée à terme risque de ramener certaines femmes dans l’incapacité totale de se procurer les soins de santé maternelle. Enfin, des suggestions ont été faites de lutter contre les causes culturelles de la mortalité maternelle et de sensibiliser les populations pour qu’elles utilisent les centres de soins. La motivation et la formation du personnel de santé intervenant dans la santé de la reproduction et la levée des obstacles financiers et géographiques ont été aussi identifiées comme des éléments importants dans la promotion de l’accès de toutes les femmes aux soins de santé. Pour corroborer, les panélistes ont témoigné de l’expérience des activités menées avec les différents groupes cibles pendant la caravane, avant de citer l’engagement présidentiel du 12 février 2010 à lever les obstacles financiers à la santé maternelle comme l’un des acquis immédiats de l’organisation de la caravane de sensibilisation et de plaidoyer.

Echos de la Journée internationale d’action en faveur de la santé maternelle à Koudougou


Du 29 au 30 mai passés, Amnesty Burkina a tenu sa promesse de célébrer la Journée internationale d’action en faveur de la santé maternelle à Koudougou, une Journée qui se tient chaque année le 28 mai. Appuyée par l’artiste musicienne Cendrine Nama, l’équipe d’Amnesty Burkina est allée à la rencontre des populations de la ville de Koudougou en vue de leur parler de la campagne contre la mortalité maternelle et de les informer par rapport à leurs droits sexuels et reproductifs. Trois (3) groupes ont constitué la cible directe de cette action de sensibilisation en faveur de la santé maternelle dans cette partie du Burkina. Il s’agit des élèves infirmiers, sages-femmes et maïeuticiens de l’Ecole Nationale de Santé Publique (ENSP) de Koudougou, des étudiants de l’Université de Koudougou et des femmes de l’association féminine « Baasnéré » de Koudougou.

Organisée dans l’enceinte même de l’ENSP, la rencontre avec les élèves de l’Ecole de Santé avait pour but de sensibiliser ceux-ci en vue de susciter leur participation au processus de mise en œuvre du droit à la santé maternelle. Cela a permis d’aborder divers aspects du rôle de l’agent de santé dans la lutte contre la mortalité maternelle. Quant aux deux (2) causeries - débat organisées avec les étudiants et avec les femmes, l’ambition était de lutter contre la sous-information en matière de droits sexuels et reproductifs, ainsi qu’en matière de planification familiale. L’ensemble des débats engagés entre les divers participants a permis d’échanger les différents points de vue et de s’accorder sur le rôle de tout un chacun et de tous les acteurs dans la réduction de la mortalité maternelle au Burkina. C’est dans ce cadre que l’artiste musicienne Cendrine Nama a d’abord parlé de son engagement aux côtés d’Amnesty International, un engagement motivé par l’émotion de savoir que plus de 2 000 femmes meurent chaque année en couche. Elle est aussi revenue sur le rôle central des agents de santé qu’elle a invités à contribuer à bannir tous les comportements qui constituent de véritables barrières à l’accès aux soins de santé maternelle par les femmes. Avec les jeunes et les femmes, son message était davantage plus direct. En effet, Cendrine a exhorté les jeunes à aller vers l’information. Pour elle, la jeune génération devrait trouver les moyens de pallier à l’insuffisance causée par l’éducation sexuelle défaillante au Burkina Faso. En direction des femmes, l’Artiste musicienne a insisté sur le rôle important que pourrait joué l’association féminine « Baasnéré » dans l’information des femmes de leur droit garanti dans la prise de décisions concernant leur santé et de leur droit de jouir du meilleur état de santé sexuelle et reproductive possible. Sous la houlette de Cendrine Nama, plus de 300 signatures ont été récoltées pour la Pétition adressée à l’Union Africaine qui a décidé de se focaliser sur la santé maternelle en Afrique durant la prochaine session ordinaire de l’assemblée des chefs d’Etat et de Gouvernement (assemblée de l’UA) qui se tiendra à Kampala du 25 au 27 juillet 2010.


Vous êtes Africains en Afrique ou membres de la diaspora africaine, vous pouvez signer la Pétition en ligne en cliquant sur : http://apps.facebook.com/causes/petitions/478/

mercredi 26 mai 2010

28 mai - Journée internationale d'action en faveur de la santé maternelle


Du 29 au 30 mai, Amnesty Burkina célèbrera la Journée internationale d'action en faveur de la santé maternelle à Koudougou dans la Province du Boulkièmdé.

Au programme, une série de rencontres avec les élèves de l'Ecole Nationale de la Santé, les femmes d'associations et d'ONG féminines et les étudiants de l'Université de Koudougou.

A l'affiche, la Star Cendrine Nama, artiste musicienne et engagée dans la campagne contre la mortalité maternelle, célèbre cette Journée aux côtés d'Amnesty Burkina Faso.

Promotion du droit à la santé maternelle, un rendez-vous à ne pas manquer !

Printemps des Droits Humains : De vives discussions autour des droits sexuels et reproductifs à la cité universitaire féminine de Dassasgho.

Le samedi 22 mai dans la soirée, une trentaine de jeunes filles, étudiantes à l’Université de Ouagadougou, ont reçu la visite d’Amnesty Burkina à leur résidence universitaire. L’objectif était d’échanger et de promouvoir le débat autour du droit à la santé maternelle au Burkina Faso.

Après une brève présentation d’Amnesty international et de l’équipe, les filles ont suivi avec une attention soutenue l’histoire d’une femme morte en couche - inspirée de la réalité - que retrace le film « Zinibeogo ». L’objectif étant d’aboutir à des échanges à l’issue de la projection, l’équipe d’Amnesty Burkina a souhaité que les filles livrent leurs impressions et les sentiments qu’a pu susciter le film. Les filles ont, dans leurs interventions, dressé le tableau des causes des décès maternels et tirer la conclusion que la mortalité maternelle n’est pas une fatalité : la femme enceinte dans le film ne devait pas mourir, ont-elles ainsi reconnu. L’équipe d’Amnesty Burkina, partant de cette conclusion, a présenté succinctement la réalité de la mortalité maternelle au Burkina Faso et pour anticiper sur certaines interrogations, elle a expliqué l’intérêt d’Amnesty International pour la question de la santé maternelle. Cela a consisté à expliquer à ce public l’aspect « Droit Humain » de la Santé Maternelle et d’ouvrir une brèche sur la campagne et la caravane de sensibilisation et de plaidoyer en faveur du droit à la santé maternelle au Burkina Faso. Après cette phase d’information, les échanges ont été subtilement orientés sur la question des Droits Sexuels et Reproductifs.

Que pensent les étudiantes du statut de la femme par rapport à son pouvoir de décider de sa santé sexuelle et reproductive ?

Après une petite mise au point sur la notion de Droit Sexuel et Reproductif et un rappel des textes légaux en la matière, le vif débat né dans la salle était au diapason du milieu estudiantin. Partis de la question de la liberté pour une femme d’adopter une méthode contraceptive, les échanges ont été enrichis par des avis divergents. Sur l’anecdote de cette femme, atteinte de cancer au col de l’utérus à qui les agents de santé ont fait utiliser une méthode contraceptive, et qui s’est vue intimée l’ordre de l’enlever par son mari, une fille pense que les agents ne devaient amener une femme à adopter une méthode contraceptive sans l’avis du mari. Des points de vue divergents ont été donnés sur la question. Pour justifier leur point de vue, certaines filles ont rappelée le statut de la femme, un statut à travers lequel il est toujours utile, voire nécessaire pour une femme de s’en remettre à l’autorité du mari pour décider sur certaines questions. Pour celles qui défendaient mordicus cette liberté pour la femme de décider de sa santé sexuelle et reproductive, les hommes ne devraient pas empêcher l’exercice de cette liberté par la femme. Elles ont suggéré que l’on puisse rechercher l’avis favorable du mari, en tentant de lui faire comprendre le bien fondé, mais de passer outre s’il s’oppose. L’équipe d’Amnesty Burkina a appuyé ce point de vue en revenant sur la Loi n°049-2005/AN portant Santé de la Reproduction au Burkina Faso dont les Articles 8 et 9 garantissent le droit à la santé de la reproduction pour tout être humain et celui pour tout couple et individu de décider librement et avec discernement du nombre d’enfants et de l’espacement des naissances. Des contributions diverses ont permis de démontrer en quoi la planification familiale et les méthodes contraceptives contribuent à réduire la mortalité maternelle, et de façon générale à éviter des situations embarrassantes dans lesquelles pourraient conduire certaines grossesses.
L’avortement a été abordé sous l’angle des dispositions légales. Les quelques étudiantes en médecine qui étaient dans la salle ont contribué à établir les quatre situations dans lesquelles la loi permet l’avortement au Burkina. L’équipe d’Amnesty Burkina s’est empressée de préciser que l’avortement n’est pas une méthode contraceptive et peut constituer une cause de mortalité maternelle, d’où la nécessité d’informer les populations sur leur droit à la planification familiale et sur les dispositions légales qui encadrent l’avortement. Etant donné le caractère toujours tabou du sexe dans notre contexte, les étudiantes ont fait la proposition de sensibiliser les populations en vue de renverser cette tendance. Au sortir des débats, les étudiantes sont restées sur leur faim et n’ont hésité à demander que de telles rencontres d’information et d’échange puissent être organisées au sein de la cité universitaire au profit des jeunes étudiantes.

« Vivre dans la dignité et garantir la santé maternelle au Burkina », des jeunes élèves scrutent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme


Dans le cadre du Printemps des Droits Humains (PDH), Amnesty Burkina a organisé une séance d’animation avec les élèves membres et sympathisants du Club Amnesty de l’école privée Ramodgwendé le jeudi 20 mai 2010. Le but de la rencontre était de discuter et d’échanger avec les élèves sur la campagne « Exigeons la dignité » et la lutte contre la mortalité maternelle, tout en favorisant la familiarisation avec la DUDH.

En guise d’introduction, l’équipe d’animation a d’abord fait une brève présentation aux participants de la genèse et des objectifs du mouvement, suivie d’une clarification des notions de « dignité humaine » et de « mortalité maternelle ». Ensuite, une copie de la DUDH a été remise à chaque élève avec l’objectif d’amener les élèves à identifier et débattre des articles qui les tiennent à cœur et portant sur la garantie de la dignité humaine et de la santé maternelle. Après le temps de lecture qui a été accordé pour l’identification des articles, la parole a été donnée aux participants pour recueillir leurs impressions sur les droits contenus dans la DUDH. Les échanges qui s’en ont suivis ont été très fournis et les élèves ont posé de nombreuses questions sur différents articles de la DUDH. En résumé, les débats ont fait ressortir trois (3) préoccupations majeures. Il s’agit d’abord de l’ineffectivité de certains articles tels que l’article 1 de la DUDH. Selon un des élèves, cet article ne permet pas encore aux jeunes filles d’aller à l’école au même titre que les jeunes garçons au Burkina Faso. Ensuite, une autre se plaint de l’absence d’interdiction expresse de l’excision dans la DUDH. Enfin, l’équipe d’Amnesty a été interpellée pour clarifier certains termes tels que « sûreté de la personne », « torture » et « peine de mort ». En sus, une réflexion particulière a été faite par une élève autour de l’article 25 de la DUDH. Elle se demande pourquoi on continue de maltraiter les femmes enceintes dans les maternités alors que l’Alinéa 2 de la DUDH dit que « la maternité et l’enfance ont droit a une aide et à une assistance spéciales » ? Surprise et satisfaite par la pertinence des différentes interventions des élèves, l’équipe d’Amnesty Burkina a apporté les éléments de réponse à ces préoccupations et parlé de ce que font Amnesty International et ses partenaires pour la protection de la santé maternelle au Burkina. Un portrait de la situation de la mortalité maternelle dans notre pays a été dressé et, ramené à l’échelle de la classe où se tenait la réunion, presque la moitié de la quarantaine d'élèves partictipants ont eu, de près ou de loin, connaissance de décès maternels.